Les négociations budgétaires échouent aux Pays-Bas

Les Pays-Bas entrent dans une phase d’incertitude politique et économique après l'échec des discussions portant sur des mesures d'économies
La Rédaction

Des élections législatives anticipées semblent inéluctables aux Pays-Bas, où l'échec des négociations budgétaires met en question la trajectoire de redressement des comptes publics du pays et la ratification du Pacte budgétaire européen. Le Premier ministre libéral Mark Rutte, qui a confirmé samedi l’impasse des discussions engagées début mars avec le Parti de la Liberté (PVV) de Geert Wilders, a précisé qu’il réunirait un conseil des ministres exceptionnel ce lundi et qu’il essaierait de parvenir à un accord avec l’opposition parlementaire.

Mais même s’il parvient à différer une crise sur le budget, la perspective d'élections législatives anticipées dans les semaines ou les mois à venir s’est accrue. Et l’incertitude qui irait de pair avec une entrée en campagne risque de modifier le calendrier du rétablissement des comptes publics et de compliquer la ratification du Pacte budgétaire signé par 25 des 27 Etats membres de l’UE pour renforcer le contrôle sur les politiques budgétaires, un revers pour les Pays-Bas, l’un des quatre derniers pays de la zone euro à bénéficier encore d’un triple A sur sa dette souveraine.

Le PVV de Wilders, qui n’appartient pas au gouvernement, le soutenait au Parlement. Mais l’alliance a volé en éclats lors des négociations amorcées début mars sur les moyens de dégager 14 à 16 milliards d’euros d'économies budgétaires nécessaires pour ramener le déficit budgétaire sous le plafond des 3% du PIB. Le «paquet» de mesures en discussion comprenait un gel des salaires, une augmentation du taux de la TVA et une baisse des subventions aux crédits immobiliers, baisse qu’ont farouchement rejetée les négociateurs du parti de Wilders.

D’après le Bureau central de planification (CPB), le déficit budgétaire devrait s'élever à 4,6% du PIB cette année et en 2013, ce qui place les Pays-Bas dans le même «bateau budgétaire» que les pays dits périphériques, comme la Grèce ou le Portugal, dont les Pays-Bas ont dénoncé avec force le «laxisme budgétaire». «Les Pays-Bas sont confrontés aux mêmes problèmes que l’Italie et l’Espagne», estime le CPB dans un rapport publié le mois dernier. En conséquence de quoi, l’agence gouvernementale a appelé le gouvernement Rutte à baisser les dépenses publiques et mettre en oeuvre des réformes structurelles pour relancer l'économie et conserver la confiance des marchés.

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