Les métaux précieux subissent des retraits massifs de liquidités

Après un plus haut de 1.920 dollars, le prix de l’or chutait de plus de 5 % hier à 1.598 dollars l’once et l’argent de 16 % à 26,04 dollars
Patrick Aussannaire

L’or s’est effondré de 5,39% hier à londres, au second fixing, tombant à 1.598 dollars l’once et subissant sa plus forte correction depuis trois ans après un plus haut de 1.920 dollars l’once atteint début septembre. Le recul de l’or atteint 15% depuis le début du mois, sa plus forte baisse depuis octobre 2008. Dans le même temps, l’argent perdait 16% sur le marché spot à 26,04 dollars, son plus bas niveau depuis novembre 2010, et le platine chutait à un plus bas depuis mai 2010 à 1.463,99 dollars. Le palladium est tombé à 600,49 dollars.

«La dépréciation du dollar a joué un rôle important dans la hausse du prix de l’or» rappelle BNP Paribas. Le récent rebond du dollar, qui gagnait hier près de 6% depuis le début de l’année contre un panier de devises, semble maintenant expliquer en partie la baisse du prix des métaux précieux. L’appréciation du billet vert accroît en effet le coût relatif en dollar des matières premières pour les détenteurs de devises étrangères. La flambée de la volatilité implicite sur l’or qui est passée de 15% mi-juillet à 34% hier semble suggérer, selon Natixis que «l’or est en train de perdre son statut de valeur refuge».

Néanmoins, BNP Paribas estime que «le dollar est seulement un des nombreux facteurs qui influent sur le prix de l’or». Et le mouvement de hausse du dollar «pourrait ne pas être durable» selon Julian Jessop, chef économiste chez Capital Economics. En tout cas, ces ventes ne semblent pas provenir des détenteurs d’ETF. L’encours du premier ETF aurifère, SPDR Gold Shares, se maintenait hier à 1.252,21 tonnes et celui du premier ETF sur l’argent, iShares Silver Trust, à 9.868,49 tonnes.

«Dans un environnement de liquidation des actifs, les investisseurs ont tendance à vendre de l’or pour couvrir leurs pertes» explique Anne-Laure Tremblay, stratégiste chez BNP Paribas. Aurel BGC fait valoir de son côté que «la hausse des appels de marges du CME et la violente chute des marchés imposant des prises de bénéfices de certains hedge funds peuvent justifier une violente correction à court terme sur un marché des métaux précieux étroit et très volatil ». Suite à une forte volatilité, le CME a augmenté vendredi ses exigences en termes d’appels de marge sur les futures de l’or, de l’argent et du cuivre.

Signe inquiétant, le spread entre les prix du platine et de l’or est revenu en territoire négatif en septembre pour la deuxième fois depuis dix ans. La dernière datant de décembre 2008.

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