«Les mesures de la BCE n’ont pas d’impact mécanique sur l’euro»

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC
Solenn Poullennec

L’Agefi : Dans quelle mesure les annonces de juin de la BCE peuvent-elles faire évoluer la parité euro/dollar?

Jean-Louis Mourier : Les mesures annoncées par la BCE n’ont pas eu, et elles ne devraient pas avoir, d’impact mécanique sur le comportement de l’euro sur le marché des changes, en particulier face au dollar. La légère dépréciation de la devise européenne face au billet vert est, d’ailleurs, intervenue entre les préannonces du mois de mai et l’action du mois de juin. Comme souvent. Dans la détermination des mouvements de taux de change, les anticipations de politiques monétaires sont plus importantes que les actions. L’assurance du maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante en Euroland, voire la promesse d’un assouplissement supplémentaire «si nécessaire», alors que la Fed réfléchit ouvertement à sa stratégie de sortie de la politique mise en œuvre en réaction à la crise, devrait ainsi provoquer une appréciation du dollar face à l’euro. Mais les investisseurs ne croient pas à l’imminence d’un durcissement de la politique monétaire américaine, notamment grâce au discours apaisant de Janet Yellen. La précision du calendrier de «normalisation» de la politique monétaire américaine devrait déclencher une tendance haussière du dollar ces prochains mois.

Pourquoi pariez-vous sur une parité dollar/yen à 102 dans 6 mois?

J.-L. M. : Le taux de change dollar/yen devrait rester quasiment stable à court terme, comme depuis un an. La tendance attendue ces prochains mois est une dépréciation de la devise nippone, mais le déclencheur du mouvement devrait être la précision du calendrier de «normalisation» de la politique monétaire américaine.

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