Les mesures d’austérité devraient accentuer la récession en Espagne
Le moteur espagnol est au point mort. En récession depuis 2011, l’économie de la péninsule a continué de se contracter pour le cinquième trimestre consécutif pour la période allant de juillet à septembre. La croissance a notamment fait les frais de la sévère cure d’austérité infligée depuis plusieurs mois par le chef du gouvernement Mariano Rajoy qui assurait encore lundi qu’une demande d’aide financière de son pays n’était pas «indispensable». Les chiffres publiés hier assombrissent pourtant les perspectives de redressement du pays.
Certes, au troisième trimestre, la récession a été moins forte que prévu avec un recul de 0,3% du PIB contre 0,4% au trimestre précédent, selon les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique. C’est mieux que les prévisions de la Banque d’Espagne qui tablait sur un repli de 0,4% mais sur un an l’activité a baissé de 1,6%. Ces évolutions pour le troisième trimestre s’expliquent a priori par une meilleure tenue de la consommation, probablement en raison d’achats anticipés par les consommateurs sur la période de juillet à août avant la hausse de la TVA au premier septembre, souligne Jésus Castillo économiste chez Natixis. La décomposition de l'évolution du PIB au troisième trimestre ne sera connue qu’en novembre.
Autre effet pervers, l’augmentation de la TVA a aussi eu pour conséquence de faire grimper les prix ce qui porte le rythme de l’inflation à 3,5% en octobre. Elle va aussi imposer au gouvernement une revalorisation des pensions de retraite, ce qui pourrait entraîner un surcoût allant jusqu’à 3,5 milliards d’euros, et menacer à terme l’objectif de réduction du déficit. Madrid souhaite le ramener de 9,4% en 2011 à 4,5% en 2013, et 2,8% l’année suivante. Hier, l’exécution budgétaire a fait apparaître un déficit de 4,39% à fin septembre pour le gouvernement central, contre 4,77% fin août, grâce à l’effet immédiat de la hausse de TVA sur les recettes.
Les économistes se montrent pessimistes pour l’avenir, à l’image de Ricardo Santos chez BNP Paribas CIB qui estime que la situation va continuer de se dégrader en Espagne lorsque l’effet de l’alourdissement de la fiscalité se fera pleinement sentir à la fin de cette année et en 2013. La dégradation «interviendra un peu plus tard que prévu initialement, en raison des facteurs temporaires qui ne suffiront pas à contrer durablement les forces récessives à l’œuvre», renchérit Natixis.
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