Les membres du « Panel Crédits » jouent la prudence après le creux du mois d’août
Leur exposition devient neutre sur la classe d’actifs. Mais les gestionnaires disposent de liquidités importantes à investir
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Violaine Le Gall
La crise de l'été a brusquement freiné l’optimisme du Panel Agefi Crédits. Début juillet, les gestionnaires prévoyaient une évolution positive des spreads pendant l'été après un mois de juin déjà tourmenté. Finalement, le crédit a enregistré en août une performance bien plus mauvaise encore qu’en juin. L’indice iTraxx Crossover qui suit l'évolution du coût de la protection contre le risque de défaut des émetteurs en euro les plus risqués s’est tendu de 245 points de base (pb) le mois dernier à 683 pb.
Par conséquent, les gestionnaires sont plus prudents pour la rentrée. Ils sont à présent plus nombreux à tabler sur une stabilité des spreads que sur une détente. 42% des panélistes anticipent ainsi une évolution neutre ce mois-ci. Parmi eux, Axa IM et Groupama AM ont abaissé leur perspective de positive à neutre. Quant à CPR AM et Pioneer Investments, ils sont carrément passés de positive à négative, une perspective partagée par CM-CIC AM, Dexia AM et La Banque Postale AM.
La contreperformance du marché de crédit le mois dernier a évidemment influencé l’allocation d’actifs des gérants. Les panélistes ne sont plus que 32 % à surpondérer le crédit, le camp des neutres dominant à 42 %. Axa IM et JPMorgan AM, jusqu’alors à surpondérer, sont maintenant neutres. CPR AM et La Banque Postale AM passent de neutre à sous-pondérer.
Dans ce contexte d’aversion pour le risque, les gestionnaires ont réduit leurs ambitions dans le secteur du haut rendement. Seuls trois d’entre eux citent les titres notés BB+ au mieux dans leur catégorie de notation préférée alors qu’ils étaient six en mai et en juin. CPR AM et JPMorgan AM prennent par exemple leurs distances avec le haut rendement et lui préfèrent dorénavant les notations A et BBB respectivement.
Echaudés par la crise de l'été 2007 durant laquelle des fonds avaient été incapables de faire face aux demandes de remboursement des investisseurs, les gestionnaires ont cette fois-ci nettement augmenté la part des liquidités dans les portefeuilles. La Banque Postale AM détient ainsi 25% en cash et UFG LFP 15%. CCR AM et CPR AM sont quant à eux montés à 10% de liquidités en portefeuille.
Tous ces fonds devront être réinvestis à un moment ou un autre. Mais le marché primaire n’offre encore que peu d’opportunités. Pour la première fois depuis la création de la zone euro, aucune émission d’obligations corporates n’a eu lieu au mois d’août. L’activité a seulement repris sur le secteur des obligations sécurisées, ces titres adossés à des portefeuilles de prêts, le plus souvent hypothécaires. En une dizaine de jours, douze banques ont procédé à des émissions pour un montant total de 16 milliards d’euros, un niveau inégalé depuis mars dernier.
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