Les mauvaises surprises sur l’activité américaine pèsent sur le dollar
L’accumulation de chiffres décevants concernant l’économie américaine permet au dollar de s’offrir une pause. La baisse inattendue des commandes de biens durables aux Etats-Unis de 1,4% le mois dernier a confirmé hier les inquiétudes croissantes sur les perspectives de croissance américaine en ce début d’année. L’indice Citigroup de surprise sur les publications de chiffres macroéconomiques aux Etats-Unis a ainsi fortement chuté ces dernières semaines pour tomber à ses plus faibles niveaux depuis mi-2012 sans montrer aucun signe de rebond.
«Cette faiblesse des indicateurs tranche avec le renforcement continu du marché du travail américain à la fois en termes absolus mais aussi par rapport aux anticipations», précise néanmoins Citigroup.
Dans ce contexte, le dollar poursuivait sa chute en repassant même hier au-dessus du seuil symbolique de 1,10 contre euro. «Les données de la CFTC sur les positions spéculatives ont montré que les marchés ont abordé la réunion du FOMC avec des positions acheteuses sur le dollar qui restaient proches de leurs plus hauts», rappelle en outre SG CIB. La révision conjointe à la baisse des prévisions de taux Fed funds des membres de la Fed et la mention par Janet Yellen de l’impact négatif de la hausse du dollar sur l’activité a entraîné une chute du rendement des Treasuries et du billet vert. L’indice dollar DXY contre un panier de devises a ainsi reculé de 4% sur les deux dernières semaines, après une hausse de 25% depuis mi-2014.
«La question que devront se poser les investisseurs est de savoir si la faiblesse récente de l’activité américaine reflète l’impact météorologique et celui de la grève des ports ou si elle traduit une tendance de fond», indique ainsi Citigroup. Et de préciser que des chiffres qui resteraient décevants au deuxième trimestre «renforceraient les anticipations d’un maintien prolongé des taux» et continueraient ainsi de peser sur le dollar.
Pour le moment, le consensus Bloomberg table toujours sur une croissance du PIB américain de 3% cette année, alors que la Fed table désormais sur un rythme compris entre 2,3% et 2,7%, soit 0,3 point de moins qu’en décembre. Natixis anticipe un ralentissement de la croissance au premier trimestre, après celle de 2,2% enregistrée fin 2014, avant un rebond qui lui permettrait d’atteindre 2,9% sur l’ensemble de l’année grâce à la dynamique du marché de l’emploi.
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