Les marchés surmontent leur frayeur et optent pour l’attentisme
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Philippe Mudry
L’élection de Donald Trump est un basculement politique majeur et pourtant, les marchés ont vite surmonté leur frayeur.
Le Brexit est passé par là bien sûr. Cette expérience d’un choc suivi d’une remontée est encore fraîche.
Mais des raisons moins circonstancielles ont joué aussi.
Nombre d’investisseurs étaient déjà sous-investis et prêts à profiter d’une forte baisse des indices pour reprendre position.
Ensuite, les premiers propos de l’élu ont été jugés plutôt apaisants.
Certains ont voulu y voir une promesse que le futur président serait moins radical que le candidat.
Cela reste bien sûr à démontrer et des accès de volatilité sont à prévoir.
Reste que plusieurs éléments plaident pour l’attentisme.
Dans la démocratie américaine, un Congrès républicain monocolore ne signifie pas que le Président aura le champ libre.
Des terrains d’entente devront être trouvés qui iront sans doute dans le sens de la modération.
Ce rapport de forces influencera l’action du futur président, et notamment l’ordre dans lequel il pourra engager son programme économique.
Dans le grand fouillis de ses mesures, certaines, comme les baisses d’impôts, peuvent être favorables au marché, d’autres, comme les renégociations commerciales, peuvent lui nuire.
Un dernier élément pourrait avoir joué dans la remontée des indices.
La Réserve fédérale pourrait juger que dans ce contexte pouvant affaiblir l’activité, la hausse des taux annoncée pour décembre devrait être différé.
Le président de la FED d’Atlanta, Dennis Lockhart, l’a notamment récemment laissé entendre. Certains investisseurs veulent croire que ce sera le cas.
Les anticipations du marché sur une hausse des taux en décembre ont en tout cas nettement baissé hier.
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