Les marchés se préparent à une campagne sur le Brexit éprouvante
A peine connu le résultat du Sommet européen, les marchés ont fortement marqué hier que le risque de Brexit allait, d’ici quatre mois, polariser leurs décisions d’investissement en actifs britanniques.
La livre sterling a été la plus touchée, avec une chute contre l’euro de 1% et contre dollar de 2%.
Certains analystes veulent y voir la conséquence du choix pro-Brexit du maire de Londres, Boris Johnson.
Mais la réaction des investisseurs a bien d’autres causes que sa seule personnalité.
Ils se demandent notamment comment le pays financera le déficit de sa balance des paiements courants qui atteint 4,5 points de PIB.
Un pays si dépendant de l’investissement étranger est forcément vulnérable aux inquiétudes de ses bailleurs de fonds.
Le plus logique est que ce déficit se résorbera mieux si la livre chute, stimulant les exportations et renchérissant les importations.
Son recul d’hier ne surprend donc pas. Les analystes en anticipent de nouveaux, jusqu’à 10% contre les grandes devises selon certains.
Cette chute de la monnaie, dont l’ampleur dépendra des sondages, signifiera en outre une perte de pouvoir d’achat externe pour les ménages britanniques, et donc un frein à la croissance et aux recettes fiscales.
Cette situation n’annonce rien de bon pour certaines actions, notamment des financières qui devraient souffrir de la réserve des investisseurs étrangers, et des industries exportatrices.
A l’inverse, le ralentissement prévisible devrait inciter la Banque d’Angleterre à reporter sine die tout durcissement monétaire, à supposer qu’elle y songe encore.
Cela devrait amortir un peu la chute des indices boursiers, comme ce fut le cas hier, et éviter toute tension intempestive des taux.
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