Les marchés relativisent la dégradation de l’Italie par S&P

La décision était prévisible. Le FMI a en revanche nettement révisé en baisse ses prévisions de croissance pour le pays
Violaine Le Gall

L’abaissement de la note de l’Italie à A par Standard & Poor’s n’a pas pesé longtemps sur les marchés hier matin. Après être monté jusqu'à 5,7 %, les taux longs se sont stabilisés à leur niveau de la veille à 5,6 %. D’abord, la décision de Standard & Poor’s n’est pas une surprise, puisque la note était placée sous surveillance négative depuis mai dernier. Ensuite, l’agence de notation présente des arguments déjà connus.

«Sur le fond, S&P n’apporte rien de nouveau à la perception du risque italien par les marchés», estiment les analystes d’Aurel ETC Pollack. La cure d’austérité aura effectivement des effets négatifs sur la croissance. Barclays Capital anticipe ainsi une croissance annuelle de 0,85% entre 2011 et 2014 tandis que S&P table sur un taux de 0,7%. Enfin, les spécialistes reconnaissent que l’Italie n’atteindra probablement pas son objectif d'équilibre budgétaire d’ici à 2013. Il «paraît excessivement ambitieux», admet Cédric Thellier, économiste chez Natixis. Cependant, le pays enregistre un excédent primaire, un facteur positif qui devrait contribuer à la stabilisation de la trajectoire de sa dette.

Mais la révision à la baisse des prévisions du Fonds monétaire international a ensuite accru l’inquiétude des marchés. Il prévoit pour 2012 une croissance de 0,3% en Italie, contre 1,3% attendu précédemment. En 2011, le PIB ne progressera que de 0,6% contre 1,1% prévu par le gouvernement. Les taux longs se sont dans la foulée tendus de 13 points de base (pb) à 5,72 % malgré de probables rachats de titres réalisés par la BCE. Sur le marché des CDS, le coût de l’assurance contre le risque de défaut de l’Italie a atteint un nouveau record à 513 pb, d’après le fournisseur de données CMA.

Les CDS sur les banques se sont aussi tendus hier. De fait, la dégradation de la note de l’Italie aura des effets sur les établissements présents dans le pays. Elle «est négative pour les grandes banques italiennes, notées au même niveau que l’Etat ou à un niveau proche. Nous pensons à UniCredit ou Intesa», explique Aurel ETC Pollack. Le CDS sur UniCredit s’est par exemple tendu de 41 pb à 504 pb. L’action de l’agence de notation pourrait aussi avoir un impact par ricochet sur les notes senior S&P d’autres banques notées A ou A- telles qu’Ubi Banca ou Banco Popolare.

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