Les marchés réapprécient le risque politique en zone euro
Le risque politique fait un retour en force sur les marchés européens.
Non seulement les taux longs remontent partout mais les écarts avec l’étalon allemand se creusent fortement.
Au point de retrouver des niveaux plus revus depuis que la BCE a lancé sa politique de rachats d’actifs en mars 2015.
Depuis fin septembre, quand un point bas du cycle de taux a été touché, le changement de paysage est spectaculaire.
Tout en restant inférieurs à 1%, les taux français à dix ans ont été multiplié par cinq, gagnant plus de 0,6%.
Pour les pays du Sud réputés plus fragiles, la remontée est plus marquée : +0,7% pour l’Espagne et +0,9% pour l’Italie.
C’est à peu près l’équivalent de la hausse des taux américains sur la période, propulsés par la victoire électorale de Donald Trump.
Surtout le différentiel avec le taux de référence allemand à 10 ans a fortement augmenté.
Il a gagné 0,25% pour les taux français, 0,36% pour les espagnols et 0,5% pour les italiens. Ceux-ci campent désormais près de 2% au-dessus du taux allemand.
L’explication ne réside pas dans un retour de l’inflation, quasi indécelable à ce stade, mais dans le risque politique.
Le référendum italien est imminent, et au-delà se profile les élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.
Avec, partout le risque de voir l’extrême droite bouleverser la donne, voire remettre en cause la zone euro elle-même.
Pour la BCE, ce phénomène est très mal venu, puisque sa politique avait justement pour but d’enrayer la fragmentation des marchés de la zone euro, caractérisée par des écarts de taux élevés.
Dès lors, sa réunion du 8 décembre, où elle est attendue sur le renforcement ou non de ses rachats d’actifs, n’en prend que plus d’importance.
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