Les marchés ont déjà anticipé le rapprochement entre Shanghai et Hong-Kong
Les marchés ont déjà ajusté leurs positions avant le lancement de la connexion entre les Bourses de Shanghai et Hong Kong, qui tarde à se concrétiser. Si au 3 septembre, les performances affichées par l’indice composite de Shanghai et le Hang Seng étaient strictement identiques à 8,5%, ce dernier a depuis chuté de 9,1% alors que le premier capitalisait sur ses gains en progressant de 2,3%.
Un signe des arbitrages réalisés par les investisseurs depuis que les autorités ont arrêté le cadre légal et conclu la phase de tests des infrastructures préalable au lancement du projet, qui vise à offrir un accès plus large aux actions chinoises. Dans ce contexte, l’indice de Shanghai enregistre une performance de 11% depuis le début de l’année, alors que l’indice hongkongais, guère servi par l’agitation politique locale, accuse une perte de 1,4%.
Les spécialistes évoquent ce projet comme le point de départ qui devrait également conduire à un rapprochement des Bourses de Shanghai et de Shenzhen, dont l’indice composite affiche une performance impressionnante de 24% depuis le début de l’année et de 80% depuis fin 2012. Il a ainsi atteint le 9 octobre son plus haut niveau depuis janvier 2008, avec des niveaux de ratios cours sur bénéfices (PER) supérieurs à 32. Pourtant, la réunion qui s’est tenue vendredi entre les régulateurs boursiers chinois et hongkongais devant initialement officialiser le rapprochement n’a pas abouti. Or, une phase légale de deux semaines est prévue entre l’annonce publique et le lancement officiel du projet, qui ne devrait ainsi voir le jour que début novembre au plus tôt.
Le «Shanghai Hong-Kong Stock Connect» n’offre certes qu’un quota limité à 1,25% de la capitalisation totale des actions de classe A. Il s’inscrit néanmoins pleinement dans la volonté de rééquilibrage de la croissance affichée par les autorités chinoises et visant à «réorienter l’énorme part de cash détenue par les ménages vers d’autres classes d’actifs», estime Hervé Lievore, stratégiste macro chez HSBC GAM.
D’autant que cette trésorerie aujourd’hui détenue sous forme de dépôts par les ménages est ensuite recyclée par les banques en prêts, mais également en produits de gestion de fortune à hauts rendements qui alimentent la finance de l’ombre. Si le quatrième plénum qui débute aujourd’hui sera axé sur des aspects juridiques, l’objectif de poursuite des réformes devrait également y être évoqué.
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