Les marchés mettent à l'épreuve la présidente brésilienne réélue
La réélection de Dilma Rousseff comme présidente du Brésil pour quatre ans a douché les espoirs de changement nés durant l’entre-deux-tours. Alors que son concurrent de centre droit Aécio Neves s’était engagé sur un programme de réformes structurelles, «nous ne voyons pas la présidente Rousseff mettre en place la politique de resserrement fiscal et monétaire dont le pays à désespérément besoin», s’inquiétaient hier les économistes de Natixis, résumant bien l’état d’esprit du marché.
La réélection de Dilma Rousseff a été accueillie par une remontée des rendements à 10 ans de plus de 4 points de base, par un repli d’un peu plus de 2% du real et par une chute de 2,77% de l’indice de la Bourse de Sao Paulo.
«Même si le discours de Dilma Rousseff après sa victoire invitait au débat et au changement, sa capacité à regagner en crédibilité demandera plus que des mots», lance Flavia Cattan-Naslausky, économiste chez RBS. La présidente a promis dimanche soir des mesures d’urgence pour relancer l’activité industrielle et la croissance. Mais, hier, Paulo Caffarelli, le vice-ministre des Finances sortant, a reconnu que celles-ci n’étaient pas encore prêtes.
Au deuxième trimestre, le PIB brésilien s’est contracté de 0,6%, après un repli de 0,2% en début d’année, envoyant ainsi le pays en récession pour la première fois depuis 2009. L’investissement a plongé en un an sous l’effet d’une perte de confiance des entreprises face à l’instabilité de l’environnement réglementaire mais aussi de la remontée des taux. «Sans une amélioration de la productivité, une nouvelle correction du real paraît fortement probable à court terme», prévient Mauricio Molan chez Santander. Avis partagé par les analystes de Natixis, selon lesquels «le gouvernement va probablement étendre le programme de «swaps» monétaires afin de limiter la dépréciation de la devise».
A court terme, les investisseurs attendent surtout de connaître le nom du futur ministre de l’Economie alors que Dilma Rousseff avait annoncé pendant sa campagne électorale le départ de Guido Mantega qui occupait ce poste depuis 2006. La présidente a promis de nommer un ministre plus «pragmatique», à même de réconcilier le pays avec les marchés financiers et les agences de notation, en mettant en œuvre une politique budgétaire plus rigoureuse. S&P et Moody’s ont toutes les deux des perspectives négatives sur le Brésil.
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