Les marchés d’actions anticipent un scénario de récession
La volatilité n’est pas inhabituelle en période de révision des anticipations de croissance. Elle rappelle la situation du printemps 2010
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Nuno Teixeira, Schroders
La volatilité actuelle des marchés d’actions peut surprendre certains observateurs, qui font observer qu’on ne peut encore attribuer une forte probabilité à une récession économique mondiale, la plupart des prévisions actuelles laissant anticiper un scénario de croissance faible, mais positive, pour les grands pays de l’OCDE en 2011 et en 2012. En réalité, la volatilité actuelle n’est pas inhabituelle en période de révision des anticipations de croissance.
Le graphique ci-contre compare l’évolution de l’indice ISM et la performance relative de l’indice MSCI World et des taux obligataires des pays du G7 sur 6 mois. Les marchés d’actions semblent ainsi sur-réagir par rapport aux indicateurs avancés de l’activité industrielle américaine. Ce fut déjà le cas au printemps 2010, lorsque la performance relative des actions par rapport aux obligations (proche de -20%) suggérait déjà une récession, qui ne s’est finalement pas matérialisée.
En fait, les marchés financiers extrapolent sur la faiblesse actuelle des économies développées pour anticiper des scénarios de croissance négative au deuxième semestre et au-delà. Les taux des emprunts d’Etat américains et allemands sont proches de leurs plus bas, les spreads de crédit se sont massivement élargis et plusieurs marchés d’actions sont en recul de 20% sur leurs plus hauts. Alors que plusieurs mesures de risque sont en mode «panique», la performance relative des actions suggère que les investisseurs anticipent un indice ISM de retour sur ses plus bas de 2008. Le prix Nobel d’économie, Paul Samuelson, avait ironisé sur les exagérations des marchés dans une chronique parue en 1966 : «Wall Street a prédit neuf des cinq dernières récessions». L’avenir dira si les marchés auront raison cette fois-ci.
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