«Les marchés considèrent que la BCE n’agit pas assez rapidement»
Jacques Cailloux, chef économiste Europe chez Nomura
Publié le
Patrick Aussannaire
- L’Agefi : La BCE va-t-elle à nouveau agir ?
- Jacques Cailloux : Depuis la dernière baisse de taux de la BCE en novembre dernier, des signaux troublants indiquent qu’elle devrait augmenter son bilan significativement pour contrer les forces déflationnistes. Par exemple, depuis le 7 novembre le taux de change effectif de l’euro s’est apprécié de 10% en terme annualisé, ce qui reflète un réajustement des anticipations d’un degré d’accommodation de la part de la BCE moins significatif par rapport aux autres banques centrales dans le monde. Deuxièmement, les anticipations d’inflation mesurées par les marchés ont baissé même après la diminution du taux de novembre et de nouveau après la réunion de mars. Les marchés considèrent ainsi que la BCE n’agit pas assez rapidement pour contrer les risques de déflation. En clair, les anticipations d’inflation de moyen terme ne peuvent rester stables que sous condition d’une politique monétaire encore plus accommodante. Il est fort probable que cette pression des marchés (à travers le taux de change et les anticipations d’inflation) restera élevée tant que la BCE n’interviendra pas.
- Quels instruments pourrait-elle privilégier ?
- Les outils disponibles sont maintenant bien connus et il est aujourd’hui plus facile d’être prescriptif en la matière que prévisionniste! En effet, la BCE continue d’opérer sous contraintes politiques et légales assez fortes ce qui rend le déploiement d’opérations de grande envergure, telles que des achats de titres d’Etat, très délicates, même si elles restent envisageables. Il faudra probablement des preuves quasiment irréfutables que la zone est en danger de déflation pour qu’elle intervienne. Nous n’en sommes pas encore là.
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