Les marchés attendent un geste fort de la part de la Fed sur ses taux
Un véritable séisme pour les marchés. Si depuis quelques semaines, les débats consistaient à savoir si les Etats-Unis allaient entrer en récession ou s’ils s’y trouvaient déjà, les commentaires sont devenus plus sévères après le sauvetage de Bear Stearns. Les experts évoquent désormais une «crise systémique», au vu des mesures choc mises en place ce week-end.
«D’ores et déjà l’intervention de la Fed va bien au-delà de son action lors de la crise de LTCM (1998), où elle s’était contentée d’organiser un tour de table bancaire et d’abaisser ses taux directeurs», souligne CM-CIC en ajoutant que la situation peut rappeler «l’intervention en 1907 de JPMorgan ou la faillite de Continental Illinois (ndlr, en 1984)».
Tandis que les actions restaient hier dans le rouge, le mouvement de fuite vers la qualité est apparu clairement. Les rendements américains à 5 ans ont perdu jusqu’à 18 points de base à 2,22 %. Le mouvement a été encore plus marqué sur le 2 ans, avec un rendement en baisse de 19 pb à 1,29 %. Des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis l’été 2003.
Avec des Fed Funds toujours à 3 %, inutile de dire que les marchés attendent un nouveau geste fort de la Fed ce soir. En fin de semaine, les marchés à terme laissaient entrevoir une détente de 75 points de base avec une probabilité de 88 %. Certains pariant même sur un geste limité à 50 pb. Désormais, c’est le scénario d’une baisse de 100 pb qui l’emporte largement, avec une probabilité de 94 %. Tel est notamment l’avis des économistes de Citigroup. «Il faut même envisager sérieusement une baisse encore plus importante», avancent-ils. En tout cas, les derniers chiffres de l’inflation peuvent donner un peu de marge à la Fed dans ce domaine.
Reste néanmoins la question du dollar. Car «la défiance envers le système bancaire et la baisse des taux pénaliseront la devise», remarque Aurel. Hier, l’euro/dollar a déjà franchi brièvement la barre de 1,59 et selon certains, le fonds n’a pas encore été touché.
Autant dire que c’est aussi vers les autres banques centrales que vont se porter les regards. Du côté de la BCE (dont la prochaine réunion sur les taux est prévue pour le 10 avril), on a fait savoir, via Jürgen Stark, qu’il convenait de «ne pas se précipiter» pour tirer des conclusions et que la stabilité des prix demeurait la meilleure option. Bref, une intervention rapide sur les taux ne semble pas envisagée.
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