Les marchés attendent le verdict de Moody’s sur l’Espagne

La dégradation de S&P n’a pas provoqué de tension sur la dette espagnole mais Moody’s pourrait la placer en catégorie spéculative prochainement
Solenn Poullennec

La dégradation par Standard and Poor’s de la note de l’Espagne en dernière place de la catégorie d’investissement (BBB-) ne s’est pas ressentie sur les marchés. Les analystes sont davantage préoccupés par la vision de Moody’s qui sera dévoilée dans les prochaines semaines.

Hier soir, les rendements sur la dette espagnole à dix ans se détendaient de 3,2 points de base à 5,7%. On est bien loin du pic de 7,5% atteint en juillet. Face à cette relative apathie des marchés, Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis, explique que S&P s’est plutôt alignée par rapport à Moody’s, qui note l’Espagne Baa3. Il ajoute que Pimco vient d’annoncer son retour sur les titres espagnols de 1 à 3 ans.

Pour Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d’investissement chez Cholet Dupont, cette dégradation pourrait renforcer la probabilité d’une demande d’aide de l’Espagne: «la mauvaise nouvelle se transformerait en bonne nouvelle».

Les analystes semblent plus préoccupés par Moody’s. L’agence pourrait reléguer l’Espagne en catégorie spéculative dans les prochaines semaines. Elle avait prévenu en août qu’avant d’agir, elle attendait plus de précisions sur le plan de recapitalisation des banques, la mise en œuvre du Mécanisme européen de Stabilité (MES) et sur les autres dispositifs européens. Dans ce contexte, «les investisseurs vont devenir de plus en plus soucieux d’une possible exclusion de l’Espagne des grands indices et ils vont commencer à liquider leur exposition aux Bonos», écrivent les analystes d’ING. Pour que beaucoup de gérants soient obligés de céder leurs titres espagnols, il faudrait cependant que deux agences de notation les placent en catégorie spéculative, assure Cyril Regnat chez Natixis.

«La simple perspective de voir les deux plus grandes agences noter l’Espagne en dessous de la catégorie d’investissement devrait entraîner de larges ventes dans les mois à venir, à moins que le secteur public n’accepte de payer la note», objecte Ciaran O’Hagan à la Société Générale. Selon les analystes de RBS, la dégradation de S&P devrait se répercuter sur la note de BBVA et Caixabank. Les banques devraient toujours pouvoir se financer auprès de la BCE car elle a élargi ses critères de collatéral.

Quant aux grandes entreprises, la plupart «devraient rester dans la catégorie d’investissement même si Moody’s et S&P mettent l’Etat en catégorie spéculative», assure-t-on chez RBS.

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