Les marchés applaudissent l’annonce d’un QE par la BCE
La Banque centrale européenne a officialisé jeudi le lancement prochain d’un programme d’assouplissement quantitatif (QE) de 60 milliards d’euros par mois jusqu’en septembre 2016, dans le haut des attentes du marchés.Peu après l’annonce de la BCE, l’euro est tombé à un plus bas depuis 11 ans à 1,1455 dollar. Les taux souverains en zone euro se sont fortement détendus, le Bund 10 ans tombant à 0,45%, en baisse de 10 pb. Celui de l’OAT 10 ans a chuté à 0,58%, nouveau plus bas historique. Les indices actions s’inscrivaient dans le vert.
Dès mars, l’Eurosystème commencera à acheter des obligations libellées en euro et notées investment grade émises par des gouvernements de la zone euro et les agences et institutions européennes sur le marché secondaires. Les pays notés en catégorie spéculative (Grèce et Chypre aujourd’hui) seront aussi couverts par un QE s’ils bénéficient par ailleurs d’un programme d’aide sous conditions. Les achats des actifs émis par les gouvernements de la zone et les agences seront basées sur le partage entre banques centrales nationales (NCB) de l’Eurosystème selon la clé du capital de la BCE. Quelques critères supplémentaires d'éligibilité seront appliqués dans le cas des pays sous programme d’ajustement UE/FMI.
Mario Draghi a précisé durant sa conférence de presse que la BCE n’achètera pas plus de 25% d’une émission donnée, ni plus de 33% de la dette d’un Etat. «Nous achèterons de la dette publique à hauteur d’un pourcentage favorisant une formation appropriée des prix», a t-il expliqué. Le risque sera mutualisé à hauteur de 20% au sein de l’Eurosystème.
Toutefois, le président de la BCE a laissé entendre qu'à lui seul le QE serait insuffisant à redresser l'économie de la zone euro. «Les réformes structurelles cruciales doivent être rapidement mises en oeuvre», a t-il insisté, rappelant que «tous les pays doivent utiliser les marges de manoeuvre disponibles pour mettre en oeuvre des politiques budgétaires plus favorables à la croissance».
Par ailleurs la BCE a maintenu inchangé son principal taux à 0,05 %, ainsi que ses autres taux (celui sur la facilité de prêt marginal à 0,30 % et celui sur la facilité de dépôt à -0,20 %). De plus, le Conseil des gouverneurs a décidé de changer le prix des six opérations de refinancements ciblés de long terme (TLTROs) restantes. Le taux d’intérêt applicable pour les futures opérations sera égal au taux des principales opérations de refinancement de l’Eurosystème en vigueur au moment où chaque TLTRO sera effectuée.
Plus d'articles du même thème
-
Portée par l'IA, la Chine a enregistré une forte hausse de ses exportations en mai
Les échanges commerciaux du pays ont accéléré le mois dernier malgré la guerre en Iran, grâce notamment aux produits de haute technologie et à l'automobile. -
EXCLUSIFMuzinich & Co lance un fonds de droit français sur la dette privée
Le gestionnaire d'actifs américain crée un véhicule evergreen accessible dans l'assurance-vie française à partir de 1.000 euros et sans période de détention minimale. Son portefeuille devrait comprendre une cinquantaine de prêts seniors garantis. -
OpenAI lance son projet d'introduction en Bourse
L'opération pourrait valoriser le spécialiste de l'intelligence artificielle près de 1.000 milliards de dollars. Elle ne devrait pas être lancée avant septembre. -
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
Le gestionnaire réplique un indice Stoxx qui intègre un mécanisme d’entrée rapide des IPO en son sein. -
Le marché des prêts à effet de levier roule à plein régime
Portés par une liquidité abondante et un manque de nouvelles émissions, les investisseurs acceptent des marges toujours plus faibles pour financer des entreprises soutenues par les grands fonds de private equity. Un environnement qui permet aux emprunteurs de réduire leur coût de la dette, d'allonger leurs maturités et parfois même de distribuer du cash à leurs actionnaires. -
Valérie Baudson est nommée vice-présidente de Paris Europlace
Augustin de Romanet a par ailleurs été réélu à la présidence de l'association pour un nouveau mandat de quatre ans.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
Contenu de nos partenaires
-
HorizonPrésidentielle : la promesse intenable du candidat Attal
Le candidat Renaissance veut que la France redevienne la première puissance européenne en dix ans. Promesse volontariste, à ne pas prendre au pied de la lettre -
Sélection Gestion de Patrimoine - Dossier réalisé en partenariat avec Le ConservateurLe retour en force des enjeux civils
La cohérence entre dimensions civiles, fiscales et économiques devient aujourd’hui indispensable pour sécuriser durablement les patrimoines familiaux, selon Blandine Prouvost, directrice de l’ingénierie patrimoniale au sein du Conservateur, et Antoine Herlin, avocat fiscaliste -
Game changerRoyaume-Uni : le débat sur une refonte du système électoral fait son chemin
En campagne pour l’élection partielle de Makerfield et la succession de Keir Starmer, le travailliste Andy Burnham prône le passage à la proportionnelle pour les élections législatives