Les marchés anticipent de plus en plus la fin du risque déflationniste
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Philippe Mudry
Si les marchés ont attendu avec flegme la réunion d’hier de la Réserve fédérale, c’est en partie grâce aux perspectives d’inflation qui s’améliorent.
Certes on ne peut encore annoncer son retour. Mais toujours plus d’opérateurs jugent au moins que la lutte contre la déflation est en passe d’être gagnée.
C’est vrai aux Etats-Unis, sans exclure que ce le soit aussi en Europe ; le rôle des banques centrales devrait être facilité par cette normalisation des prix, espérée depuis des années.
Pour l’instant, le regain d’inflation est sensible surtout aux Etats-Unis, qu’on la mesure par l’indice des prix de détail, remonté d’un point depuis fin 2015, ou par l’inflation sous-jacente, qui exclut le pétrole notamment.
Dans le premier cas, fin septembre elle atteignait 1,5% et dans le second 1,7%.
L’impact de la baisse des prix du pétrole allant en s’atténuant, sa remontée devrait culminer en mars à 2,5%.
Le marché l’avait anticipé dès la mi-juin si l’on en juge par les taux annonciateurs de l’inflation à cinq ans. Logiquement les rendements à long terme ont suivi, en hausse depuis l’été de près d’un demi-point sur le 10 ans d’Etat.
Conséquence, au-delà de cette fin d’année : les anticipations de hausse des taux de la Fed pour 2017 et 2018 devraient s’en trouver renforcées.
En sera-t-il de même en Europe ? Pour l’heure, la déflation y reste menaçante.
Les anticipations sont donc partagées entre ceux qui croient à un renforcement par la BCE de ses achats d’actifs et ceux qui prévoient un ralentissement.
Le marché parait cependant se préparer à une normalisation. La remontée des taux longs en Europe, forte en octobre, en atteste.
Une confirmation serait pour le secteur financier une très bonne nouvelle.
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