Les marchés affichent une confiance retrouvée pour la dette espagnole
Les investisseurs ont du mal à se déterminer sur une différenciation entre risque souverain italien et espagnol. En tombant sous les 4,49%, le rendement des obligations d’Etat espagnoles est passé hier sous celui des titres transalpins, stable à 4,51%, pour la première fois depuis le mois de mars 2012, sur fond de crise politique en Italie et d’amélioration des perspectives en Espagne.
Le taux italien à 10 ans s’est tendu de 11 pb depuis que le parti de Silvio Berlusconi a indiqué le 30 août dernier qu’il pourrait retirer son soutien au gouvernement de coalition dirigé par Enrico Letta, malgré une amélioration de la conjoncture. Le taux de chômage en Italie a légèrement reflué à 12%, et la contraction du PIB s’est réduite à 0,3% au deuxième trimestre. De son côté, le taux ibérique à 10 ans a sensiblement chuté, après être passé au-dessus de la barre des 5% à la fin du mois de juin.
«Le marché place le risque des deux pays à un niveau quasi identique, mais sans raison fondamentale apparente. En Italie, les réformes sont au point mort en plein bourbier politique. En Espagne, nous anticipons que les exportations vont tirer la croissance. L’Espagne a réalisé d’énormes progrès pour réduire ses coûts unitaires salariaux», explique Anton Heese, responsable de la stratégie chez Morgan Stanley.
Selon UniCredit, le rendement moyen consenti par le Trésor italien depuis le début de l’année est de 3,31%, après 3,11% en 2012. L’Espagne a vu le rendement moyen de ses adjudications baisser à 2,61%, le troisième niveau le plus faible pour le pays depuis le lancement de l’euro en 1999, après les années 2009 et 2010 durant lesquelles la BCE avait baissé ses taux pour éviter un éclatement de la zone euro.
Le gouvernement espagnol compte surfer sur cette confiance retrouvée des marchés. Madrid testerait l’appétit des investisseurs soit pour émettre les premières obligations à 50 ans depuis le rétablissement de la démocratie dans le pays en 1975, soit pour lancer ses premières obligations indexées sur l’inflation, selon le Financial Times. Le pays a déjà sécurisé 80% de ses besoins de financement pour l’année 2013. «Le principal défi est de transmettre cette baisse des taux au secteur privé, afin de garantir des prêts à des coûts réduits, notamment pour les petites et moyennes entreprises», ajoute néanmoins une source officielle citée par le Financial Times.
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