Les marchés actions profitent de l’appétit retrouvé pour le risque

Malgré la pause d’hier, l’Euro Stoxx 50 a gagné 13% en dix jours. D’autres actifs risqués, comme le pétrole, profitent aussi du regain de confiance
Olivier Pinaud

L’appétit pour le risque est de retour, de façon raisonnée mais certaine. La journée d’hier, achevée sur une baisse pour de nombreux actifs, notamment les actions, n’est considérée par beaucoup de stratégistes que comme une pause dans le rally initié début juin et amplifié mi-juillet. En deux mois, l’indice Euro Stoxx 50, qui regroupe les cinquante plus grandes capitalisations de la zone euro, a bondi de 18%. Le gain atteint même 13% depuis le 25 juillet, jour du discours du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, indiquant qu’il fera tout ce qui est nécessaire pour sauver l’euro, n’excluant pas une intervention sur le marché obligataire souverain. En moins de 10 jours, les taux à 10 ans espagnols se sont détendus de 67 points de base, repassant sous la barre des 7%.

D’autres classes d’actifs jugés risqués dans cette période de ralentissement économique mondial ont retrouvé des couleurs ces derniers jours. C’est notamment le cas du pétrole. Le brut a gagné 20% depuis fin juin. «Le goût pour le risque est de retour, et je ne serai pas surpris que le rally se poursuivre», avance l’analyste matières premières de Commerzbank. Plus prudents, et alors que leur indicateur interne d’appétit pour le risque est resté légèrement négatif en juillet, les stratégistes d’Exane BNP Paribas reconnaissent que la perspective de nouvelles mesures de soutien à l’économie, en Europe et en Asie, constitue un bon facteur de soutien. «Nous n’identifions pas de facteur bloquant à court terme, susceptible de limiter la hausse et encore moins de conduire à une correction brutale», appuient les analystes de CM-CIC, même si les mauvais chiffres de la croissance en Europe, confirmés par les récentes statistiques françaises ou italiennes, risquent d’entraîner une nouvelle révision en baisse du consensus de prévision des résultats des entreprises.

En attendant, les investisseurs, à la recherche de performance après des mois d’immobilisme ou d’investissements sur des actifs sûrs mais à rendements nuls, se découvrent légèrement espérant que le mois de septembre leur donnera raison. Celui-ci s’annonce crucial avec la réunion de la Banque centrale européenne le 6 septembre et celle de la Fed une semaine plus tard et surtout la décision, le 12 septembre, de la Cour constitutionnelle allemande sur le Mécanisme européen de stabilité (MES).

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