Les marchés actions ont éliminé les scénarios catastrophes
L’Agefi : Au vu des prévisions macroéconomiques, les marchés actions ne sont-ils pas trop optimistes ?
Vincent Guenzi : La croissance européenne devrait reculer de 4 % en 2009 et rester quasiment stable en 2010, ce qui n’est pas très favorable. Par ailleurs, les bénéfices des sociétés pourraient baisser d’environ 20 % cette année, soit plus que le consensus. De même, les analystes anticipent une hausse des profits d’environ 20 % en 2010 en intégrant un fort rebond des profits des banques, mais ceci semble disproportionné. En fait, les marchés actions ont éliminé les scénarios catastrophes de déflation ou de dépression pour retenir celui d’une forte récession. Ce scénario induit un retour progressif de la confiance avec une diminution générale de l’aversion pour le risque (pour les actions ou les spreads de taux) et une valorisation des actions plus normale. Les marchés ont gommé les excès de baisse mais, au vu des prévisions actuelles, ils ne semblent pas trop optimistes sauf si le risque de dépression ressurgissait. D’ailleurs, il ne faut pas exclure que des doutes passagers réapparaissent occasionnant des replis des indices d’ici l’été ou à l’automne.
Les émetteurs n’auraient-ils pas intérêt à profiter des niveaux actuels pour renforcer leurs fonds propres via des émissions, comme certains l’ont déjà fait ?
Sans doute. Nous observons que les augmentations de capital sont maintenant bien accueillies par les marchés, un signe du retour de confiance. De plus, elles sont surtout le fait de sociétés plus endettées qui veulent restructurer leur bilan, ce qui est normal en cette période. Et quand il s’agit d’une société sans dette, comme Microsoft, le marché spécule sur les projets de croissance externe, ce qui est somme toute rassurant.
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