La violence de la hausse des dernières semaines et l’excès d’optimisme des investisseurs nous rendent plus prudents à court terme
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J.-L. Buchalet et P. Sabatier, PrimeView
Après un mois d’août leur ayant permis de reprendre leur souffle, les marchés actions sont portés par un vent d’optimisme depuis la rentrée. Il faut dire qu’ils sont bien aidés: tous les facteurs potentiellement négatifs trouvent systématiquement une réponse positive depuis quelques semaines, avec notamment le recul d’une intervention militaire en Syrie et l’abandon récent de Larry Summers dans la course à la succession de Ben Bernanke.
Ajoutez à cela des chiffres macroéconomiques globalement de meilleure facture qu’au premier semestre, notamment en Europe, et vous obtenez un environnement idéal pour l’investissement dans les actifs risqués que sont les actions, comme le démontrent les collectes positives des dernières semaines toutes zones confondues. Bien sûr les inquiétudes concernant la soutenabilité de la croissance dans les pays émergents persistent, et ne sont pas près d’être levées au regard de la fragilité de leur modèle de développement. Mais les cours boursiers de ces zones semblent avoir déjà assez bien intégré ces piètres perspectives (-15% au Brésil, -12% en Inde, -10% en Afrique du Sud et -2% en Chine depuis le début de l’année). Dans ces conditions, aucun nuage ne semble poindre à l’horizon pour les marchés actions.
Pour autant, toutes ces bonnes nouvelles sont désormais assez bien valorisées dans les cours des marchés actions occidentaux, qui affichent des performances impressionnantes (+19% pour le Japon, +18% pour les Etats-Unis et +13% pour l’Europe en euros depuis le début de l’année). Même si nous n’anticipons pas de chute brutale, les leviers de la hausse s’amenuisent, tout comme le potentiel de bonnes nouvelles.
Dans ces conditions, les marchés actions pourraient ressentir le besoin d’une respiration à court terme. C’est d’ailleurs ce que nous signalent nos indicateurs statistiques, tant en Europe qu’aux Etats-Unis: l’intensité de la récente hausse des marchés actions (+15,4% pour l’EuroStoxx et de +7,9% pour le S&P 500 depuis le 24 juin) engendre une forte probabilité de correction, confortée par un optimisme excessif au sein de la classe des investisseurs, souvent synonyme de retournement prochain (cf. graphique).
C’est pourquoi il convient de faire preuve de prudence à court terme, en dépit d’un environnement globalement moins stressé qu’au cours du premier semestre.
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