Le récent rebond ayant permis aux indices de dépasser leurs plus hauts milite pour la prudence, d’autant que la période qui s’ouvre est défavorable
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Pierre Sabatier, PrimeView
«Sell in May and go away»? La question de la saisonnalité des marchés se pose actuellement: la période de mai à octobre est historiquement largement moins favorable aux indices actions que celle de novembre à avril. Pour le S&P 500 entre 1987 et aujourd’hui, une stratégie d’investissement uniquement basée sur l’achat de l’indice entre le 1er novembre et le 30 avril de chaque année aurait permis de réaliser une performance trois fois plus importante qu’un investissement réalisé entre le 1er mai et le 31 octobre (respectivement +538% contre +126% pour la seconde stratégie). La saisonnalité est encore plus marquée en Europe: pour le Stoxx 600, investir entre novembre et avril aurait permis de multiplier par 10 son capital, contre une perte en capital pour un investissement le reste du temps au cours des 25 dernières années (voir graphique ci-dessous).
Dans ces conditions, faut-il considérer le récent rebond des Bourses occidentales comme le dernier soubresaut des indices avant une consolidation conséquente? Pas impossible, au regard de nos indicateurs de risque. En effet, le contexte macroéconomique relativement neutre (les bonnes nouvelles compensant les mauvaises) nous pousse à considérer l’environnement de marchés pour l’Europe et les Etats-Unis comme un «wave market» (marché en forme de tôle ondulée), à savoir que les phases de hausse et de baisse se succèdent avec une amplitude relativement proche (autour de +/-8%).
Dans ces conditions, il paraît de plus en plus probable, selon les normes historiques, que le S&P 500 et le Stoxx 600 connaissent des corrections d’au moins 5% à très court terme, après avoir crevé leur précédent plafond (la hausse atteint respectivement +20% et +28% depuis fin juin 2013). Seule une action violente et énergique de la BCE serait susceptible de modifier l’environnement en un «bull market» pour l’Europe et les Etats-Unis, ce scénario restant pour le moment hautement improbable.
En ce qui concerne les pays émergents, le scénario macroéconomique, toujours hyperinflationniste, continue de créer les conditions d’un «bear market» de long terme pour les marchés financiers de la zone. Comme pour les autres places, le récent rebond qui atteint +10,8% depuis le 5 février dernier nous pousse ainsi à rester prudents. Rappelons d’ailleurs qu’historiquement les segments de baisse atteignent en moyenne -16% dans un contexte de «bear market» pour les marchés émergents (-10% dans un wave).
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