Les marchés actions européens restent à la merci de la microéconomie
La saison des publications de résultats aura-t-elle sur les Bourses européennes l’impact négatif tant attendu par les investisseurs depuis des semaines? Cela dépendra de l’ampleur des déceptions en Europe, car le processus de prise en compte par les analystes financiers de l’entrée en récession de la zone euro apparaît déjà bien avancé : on dénombre des révisions en baisse de leur part depuis 21 mois consécutifs pour les entreprises composant l’indice large EuroStoxx !
Le processus ne date donc pas d’aujourd’hui: dès l’année dernière, ils avaient abaissé leurs prévisions de bénéfices 2011 de près de 22,5% pour finir sur une baisse des profits de -6,7% contre une hausse anticipée initialement à +15,8%. Même scénario pour cette année: les analystes attendent désormais une croissance des profits 2012 à +3,2% aujourd’hui contre +9,1% au premier janvier.
Rien de très nouveau que d’observer la perte d’acuité des analystes financiers en période de retournement économique. Rappelons ainsi que lors des épisodes récessifs de 2001-2002 et de 2008-2009, l’écart entre les chiffres publiés par les entreprises européennes et les anticipations de début d’année des analystes financiers avait atteint respectivement 30,8% et 37,6%. Lorsqu’on sait qu’historiquement, une récession, même légère, engendre en moyenne une baisse des profits d’au moins -10%, il semble rester du chemin à parcourir dans le cycle de révisions baissières déjà entamé, faisant disparaître pour la première fois depuis de nombreux trimestres le soutien des marchés que constituait la bonne résistance de la microéconomie.
C’est ce que confirme notre ratio du nombre de révisions à la hausse sur le nombre de révisions à la baisse pour les profits 2012, qui recule à nouveau légèrement (cf. graphique) et dont la pente est particulièrement bien corrélée avec l’évolution des marchés actions. Dans ces conditions, les Bourses européennes devraient continuer à évoluer en forme de «tôle ondulée», entre d’un côté les bonnes nouvelles en provenance de la Banque centrale européenne et de l’autre les mauvaises en provenance de la microéconomie.
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