Les marchés actions attendent d’en savoir plus

Les résultats publiés éloignent le spectre d’une récession déjà en cours. Mais les plans de rigueur font douter de la résistance des entreprises à moyen terme
J.-L. BUCHALET ET P. SABATIER, PRIMEVIEW

A l’image de l’épisode de 1937-1938 aux Etats-Unis, les marchés actions ont connu un rebond substantiel des deux côtés de l’Atlantique: +24% pour l’EuroStoxx 50 et +17% pour le S&P 500, après le grand stress de cet été ayant entraîné les bourses mondiales vers le bas (respectivement -33% et -19,5%). Les marchés actions européens et américains vont-ils continuer à suivre la trajectoire que le S&P 500 avait alors empruntée à l’époque, à savoir une chute de -37,7% en seulement deux mois, engendrée par la confirmation de l’entrée en récession des Etats-Unis? Cela dépendra de la capacité des pays industrialisés à résister à la vague de rigueur qui se généralise, notamment sur le Vieux Continent.

Pour le moment, la saison de publication des résultats pour le troisième trimestre 2011 est venue rassurer quelque peu les investisseurs: sur les 190 entreprises du Stoxx 600 ayant déjà publié, près de 47% ont battu les attentes des analystes, alors que 43% n’ont pas atteint le consensus. Aux Etats-Unis, où la saison est déjà bien avancée, les bonnes surprises sont restées encore une fois largement majoritaires: 68,6% des entreprises ont battu le consensus (contre 70,9% pour le second trimestre), alors que 24% d’entre elles ne l’ont pas atteint (contre 21%). Dans cette veine, notre indicateur avancé de l’humeur des analystes financiers a stoppé sa chute infernale, se stabilisant pour l’instant à un niveau relativement faible (cf. graphique).

Les marchés actions, dont la trajectoire est corrélée à la pente de cet indice, devraient ainsi profiter de la bonne tenue de la microéconomie, au moins à court terme. Pour autant, il convient de garder en mémoire que les analystes financiers sont généralement des indicateurs retardés en période de retournement économique : historiquement, on observe un écart très significatif, de l’ordre de 30 à 40%, entre les anticipations de bénéfices et les bénéfices réellement publiés. Or, au regard de la multiplication des programmes de rigueur qui se généraliseront à l’ensemble du monde à partir de 2012, les anticipations des analystes financiers pour les entreprises européennes et américaines nous semblent aujourd’hui trop optimistes pour l’année prochaine. Il convient donc de rester prudent à moyen terme sur les marchés actions, américains comme européens.

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