Les investisseurs souffrent du fossé entre les cours du Brent et du WTI
Le spread a atteint un niveau record à 22,6 dollars mi-juillet. Mais transférer l’exposition au WTI au profit du Brent serait onéreux pour un gérant
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Violaine Le Gall
Cela fait maintenant 16 mois que le cours du pétrole en mer du Nord, le Brent, dépasse celui coté à New York, le WTI. L'écart entre les deux pétroles de référence, a enregistré un record à 22,6 dollars le 14 juillet dernier et ressortait encore vendredi à plus de 20 dollars. Ce déséquilibre est lourd de conséquences pour les gérants d’actifs, habitués à ce que les deux contrats phrare pour le pétrole brut léger traitent à des niveaux très proches, le WTI légèrement au-dessus du Brent.
Depuis un an et demi, ce décalage entre les deux références a coûté près de 25 milliards de dollars aux investisseurs, estimait la recherche matières premières de Barclays Capital dans une note du 18 juillet. Le WTI est en effet bien plus utilisé comme référence pour s’exposer au marché du pétrole que le Brent qui a affiché une meilleure performance. Depuis début 2010, l’indice sur les matières premières S&P GSCI, qui utilise les contrats WTI pour son exposition au pétrole, a perdu 3%. Le même indice, basé sur le Brent, affiche un rendement de 40%.
«Environ deux tiers de l'écart de performance s’explique par le niveau absolu plus bas du WTI, précise Barclays Capital. Si un investisseur sur le S&P GSCI avait échangé les 35% de son portefeuille adossé au WTI au profit d’une exposition au Brent à partir de mars 2010, il aurait plus que doublé son rendement sur l’indice, de 10,1% à 20,4%.»
Malgré cet écart de performance, les investisseurs ont peu changé leur façon de s’exposer au marché du pétrole. D’abord, ils ont pensé que l'écartement du Brent par rapport au WTI serait temporaire. Ensuite, la procédure est compliquée pour des investisseurs institutionnels dont la gestion est très cadrée. Surtout, l’opération ne serait pas immédiatement rentable, d’après Barclays Capital. Au spread actuel de 20 dollars, un investisseur détenant un milliard de dollars indexés au S&P GSCI, dont 350 millions d’exposition notionnelle au WTI, paierait 70 millions pour maintenir la même exposition en termes de quantité ou verrait son portefeuille se réduire de 20% s’il maintenait son exposition en valeur. En tenant compte du rendement lié au roulement des contrats, négatif sur le WTI et positif sur le Brent, il faudrait 19 mois pour que le rendement lié au roulement des contrats sur le Brent efface les coûts initiaux d’acquisition d’une exposition au Brent.
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