« Les investisseurs sont récompensés pour avoir pris un risque sur le marché du crédit »
L’Agefi: Quelle est votre vision sur l’évolution des spreads pour les trois prochain mois ?
Stefan Isaacs: Je reste positif et je crois qu’ils vont continuer à se resserrer. Les spreads ont d’ailleurs beaucoup diminué depuis la crise, même s’ils restent élevés en comparaison avec leurs niveaux historiques. Les investisseurs restent donc bien récompensés pour avoir pris un risque sur le marché du crédit. De même, la courbe des rendements est pentue, ce qui permet aux investisseurs d’obtenir un retour attractif lorsqu’ils prennent des risques sur la duration. Par ailleurs, les spreads des obligations d’entreprise sont évalués à un niveau de défaut qui, je pense, ne se réalisera pas sur le marché.
Depuis janvier, les niveaux d'émissions obligataires sont importants. 2010 est-elle une bonne année pour le crédit ?
Les performances sans précédent dont ont profité les investisseurs sur les marchés obligataires en 2009 devraient difficilement se reproduire cette année. Cependant, les performances depuis le début de l’année sont restées solides sur la classe d’actifs, grâce en partie à la baisse des rendements des obligations d’entreprise. Nous pensons qu’il existe encore des opportunités dans certains secteurs du marché, avec des taux d’intérêt bas et un surplus de rendement offert par certaines obligations d’entreprise. Au sein du marché high yield par exemple, nous favorisons les titres de crédits notés BB et B, qui selon nous rétribuent bien les investisseurs pour leur risque crédit. Les fondamentaux de la plupart de ces émetteurs restent sains, mais les obligations offrent une prime substantielle à certaines entreprises mieux notées. Les investisseurs peuvent atteindre un rendement de 6 à 10% dans cette partie du marché.
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