Les investisseurs se concentrent de plus en plus sur les secteurs cycliques
Après un mois de novembre où le risque souverain a pris le pas sur les bons chiffres en provenance de la microéconomie et de la macroéconomie, les marchés actions ont repris du poil de la bête en ce début du mois de décembre: le S&P 500 vient de dépasser son plus haut de l’année, tandis que les marchés européens ont rebondi de plus de 6% en seulement quatre jours. Du côté des entreprises, tous les voyants sont au vert, avec des révisions en hausse des anticipations de bénéfices 2010 qui restent beaucoup plus nombreuses que les révisions en baisse réalisées par les analystes financiers. Ce flux de bonnes nouvelles pourrait permettre aux marchés actions du Vieux Continent de poursuivre leur mouvement de rattrapage sur les marchés actions américains jusqu’à la fin de l’année, d’autant que les tensions sur les taux d’intérêt des pays périphériques européens devraient poursuivre leur recul.
Seule source d’inquiétude actuellement, la hausse débutée fin août par les marchés actions a poussé notre indicateur de dispersion de performance sectorielle vers des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis mars dernier. Cela traduit bien la concentration des paris des investisseurs, qui se sont focalisés quasiment exclusivement sur les secteurs cycliques comme les industrielles, les produits de base, la chimie et surtout l’automobile, au détriment des secteurs financiers. Ceci est d’autant plus surprenant que depuis le début de l’année, les marchés émergents comme la Chine ou le Brésil affichent des performances médiocres, ce qui est en contradiction avec les thématiques jouées systématiquement par les investisseurs européens. Selon notre indicateur, nous devrions donc bientôt observer une rotation sectorielle forte en défaveur des secteurs cycliques qui surperforment en Europe. Parmi ceux-ci, le secteur automobile nous semble aujourd’hui le plus dangereux: avec +53% depuis le début de l’année contre +8,5% pour le Stoxx 600, la performance relative du secteur dépasse désormais les bornes statistiques au-delà desquelles il devient très peu probable que la surperformance se prolonge… Un seul secteur dans l’histoire boursière a été plus loin au cours des trente dernières années, c’était le secteur des technologiques à la fin des années 1990…
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