Les investisseurs restent sur leurs gardes face aux obligations Cocos
«Les opinions divergent fortement sur les titres contingents –certains les adorent pour le rendement et la dislocation qu’offre ce marché, d’autres ne les aiment pas et ne les considèrent même pas comme des obligations.» Tel est le résultat d’une vaste enquête menée par RBS concernant l’intérêt des investisseurs pour les obligations «Cocos». Les principaux critères analysés avant de les acheter sont les fondamentaux de la banque émettrice, la distance qui sépare le ratio de son seuil de convertibilité, l’existence d’un risque de différé sur le coupon et le type de conversion, ainsi que la volatilité historique et la liquidité de l’instrument.
Les investisseurs sont d’ailleurs très pessimistes sur la solidité du marché face à un différé de coupon ou à une conversion des titres. Ils s’attendent ainsi à une chute des prix de 9% dans le premier cas, et de 15% dans le second, certains craignant même qu’elle dépasse 20%. La moitié d’entre eux estiment que le manque de connaissance parmi les investisseurs, la forte complexité du produit et la convexité négative du profil du couple rendement-risque font peser des risques pour l’ensemble du marché. Les investisseurs interrogés appellent en outre à une plus grande standardisation du marché.
«Nous n’envisagerons d’investir dans des Cocos que lorsqu’ils feront mention des termes permettant une conversion forcée en actions avec le nombre d’actions reçues déterminées en divisant le montant au pair du titres par la valeur de marché des actions. Cela correspondrait plus à un type de traitement classique du régime des faillites. Cela n’a pas de sens d’acheter un instrument qui est essentiellement subordonné aux actionnaires. Dans ce cas, pourquoi ne pas acheter directement des actions ordinaires ?», estime un gérant d’actifs américain cité dans l'étude.
Parmi ceux qui ont investi, «le rendement et le manque d’investissements alternatifs sont les deux principales raisons qui les motivent à acheter ces titres», précise RBS. Seul un tiers des investisseurs estiment néanmoins que ce type d’instruments est attractif en termes de couple rendement-risque. «Tous les investisseurs pensent être plus malins que le marché», ajoute en outre l’étude pour expliquer leur intérêt. S’ils reconnaissent la complexité du produit comme un risque, plus de 90% d’entre eux jugent aussi leur connaissance meilleure que celle de l’ensemble du marché.
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