Les investisseurs restent prudents face au private equity en Bourse
L’introduction en Bourse d’Ares Management est venue la semaine dernière confirmer la fin d’un âge d’or pour le private equity en Bourse outre-Atlantique. Dans un contexte particulièrement délicat pour les projets d’IPO dans tous les secteurs depuis un mois après un exercice 2013 et un début 2014 très favorables, le titre Ares Management a en effet abandonné 2,1% à 18,60 dollars en clôture vendredi sur le Nyse pour sa première séance de cotation, après avoir cédé jusqu’à 5,3%. De quoi ramener la capitalisation sous le seuil des 4 milliards de dollars.
Encore la société diversifiée dans le private equity, la gestion crédit et l’immobilier (pour un total d’actifs sous gestion de 74 milliards de dollars fin 2013) avait-elle été finalement contrainte à la prudence. Elle a introduit ses titres ordinaires (common units), offrant des droits limités face à ceux détenus par les associés, à 19 dollars pièce, contre une fourchette indicative initiale de 21 à 23 dollars. Qui plus est, le nombre de titres offerts a été réduit à la dernière minute. En parallèle à l’émission de près de 11,4 millions d’actions, le principal actionnaire, Arec Holdings, filiale du fonds souverain d’Abou Dhabi Adia, a renoncé à vendre 6,8 millions de ses propres parts, réduisant le volume de l’IPO de plus d’un tiers.
Si l’opération a tout de même permis au gestionnaire californien de récolter 216 millions de dollars, sous la direction de JPMorgan et de BoA Merrill Lynch, les investisseurs n’ont donc pas fait preuve d’enthousiasme. Selon Dealogic les seize dernières IPO en date aux Etats-Unis se sont soldées par un prix d’introduction au plancher ou en dessous de la fourchette indicative. Ares était pourtant le premier acteur du private equity à se présenter en Bourse depuis l’IPO de Carlyle au printemps 2012. Les actions de ce dernier, comme celles de KKR, Apollo ou Blackstone, accusent une baisse en Bourse cette année.
Dirigé par son cofondateur Tony Ressler, qui détient environ 31% de la société, Ares Management s’est particulièrement distinguée dans le non-coté par ses prises de contrôle du fabricant de bagages Samsonite ou du distributeur Neiman Marcus. Les commissions de gestion, par opposition aux commissions de performance, plus volatiles, ont représenté 80% des revenus d’Ares entre 2011 et 2013.
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