Les investisseurs prennent leurs profits sur la dette périphérique
La fin de semestre a été marquée par un rebond des spreads en zone euro. Depuis leur point bas du 11 juin, la différence des taux à 10 ans des pays de la zone euro contre le Bund allemand a regagné du terrain à hauteur de 51pb en Grèce, 48pb au Portugal, 20pb en Italie et 18pb en Espagne. Le rendement de l’OAT s’est également écarté mais dans une proportion plus modérée, de 10pb, du taux de référence allemand. «Le marché est en fin de trimestre, ce qui est favorable aux pays du cœur et entraîne une légère remontée des spreads. On avait déjà observé ce phénomène fin décembre et fin mars», explique Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas.
Suite aux mesures exceptionnelles prises début juin par la BCE, le rendement des obligations portugaises à 10 ans avait chuté à son plus faible niveau historique de 3,30%, ainsi que le rendement des titres espagnols et italiens à respectivement 2,63% et 2,75%. En Grèce, le taux à 10 ans était revenu, à 5,48%, sur ses niveaux de décembre 2009. Depuis, l’ensemble des rendements des pays périphériques se sont écartés sur fond de prise de profit. «Les obligations présentant de la VAR [Value at Risk, indicateur de risque], ayant subi des abaissements de notation ou affichant une duration plus longue, sont les plus délaissées», souligne SG CIB.
Ce sont ainsi les obligations grecques et portugaises qui ont le plus souffert avec une hausse du taux 10 ans de 36pb et 34pb, contre seulement 3pb en Espagne et 6pb en Italie. Avec le rejet par la Cour constitutionnelle portugaise de 860 millions d’euros de mesures d’économies, «le bouclage du budget n’est pas assuré», explique Natixis AM. Pourtant, «le préfinancement des besoins de 2015 devrait être vu comme un signe de vigueur du pays, et les investisseurs devraient bénéficier d’une série de modestes réouvertures visant à maintenir les PGB [titres d’Etat portugais] liquides», précise SG CIB.
Dans le même temps, à 1,75%, le rendement du Bund s’est détendu de 14pb depuis le 11 juin pour tomber à son plus faible niveau depuis mai 2013. Parallèlement, le rendement de l’OAT 10 ans a reculé de 4pb pour revenir à 1,68% en fin de semaine de semaine dernière, soit seulement 2,5pb de son plus bas historique. «Malgré des indicateurs pointant une rechute de l’activité en France au deuxième trimestre, la liquidité de la dette française reste recherchée dans ce contexte de rendements faibles», explique Natixis AM.
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