«Les investisseurs japonais vont venir sur les marchés européens au premier trimestre 2013»
- L’Agefi : Quels sont les investissements européens les plus intéressants aux yeux des Japonais ?
- Guy Stear : Historiquement, pour les investisseurs japonais, l’attrait de l’Europe est à la fois tactique et structurel. Structurellement, l’Europe offre avec son marché actions une large diversité sectorielle absente au Japon, par exemple via les valeurs françaises spécialisées sur les produits médicaux ou dans l’énergie. D’un point de vue tactique, les investisseurs nippons sont intéressés par les sociétés européennes qui ont de forts liens avec la Chine, alors que les relations entre les deux pays se sont tendues.
- Comment les investisseurs japonais ont-ils réagi à la crise en zone euro ?
- Depuis près de quinze ans et l’effondrement des marchés boursiers et de l’immobilier au Japon, les fonds de pension et assureurs nippons cherchent des rendements élevés en dehors de l’archipel et notamment en Europe. Avec la crise de la dette souveraine, on a constaté que les flux d’investissements des Japonais dans la zone euro n’ont pas augmenté. Même si les Japonais constatent que les politiques européens ont du mal à coordonner la gestion de la crise, avec la forte présence de la Banque centrale, la mise en place de l’union bancaire et l’amélioration de la compétitivité de certains pays, je pense qu’ils vont de nouveau renforcer leurs positions en Europe.
- Quel élément pourra vraiment les décider ?
- 2013 est une année de changement politique au Japon et avec la faiblesse du yen, les Japonais vont se tourner vers les Etats-Unis ou l’Europe. Or aujourd’hui, alors que les Etats-Unis sont confrontés au problème de la falaise budgétaire (fiscal cliff), et que les investisseurs nippons ne savent pas vraiment comment cela va se passer sur les marchés américains, les marchés européens offrent des valorisations intéressantes. Si la performance enregistrée en 2012 se confirme, les investisseurs japonais vont continuer à y revenir et ce, dès le premier trimestre 2013. Pour le crédit, je n’attends pas de grand changement de la part des investisseurs nippons même s’il y a des segments qui offrent des valorisations intéressantes aujourd’hui comme la dette bancaire ou celle des sociétés des pays du Sud de la zone euro. Les Japonais ne se sont pas beaucoup désengagés de cette classe d’actifs malgré la crise et en 2013, il y aura moins d’émissions et donc moins d’opportunités d’investir.
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