Les investisseurs japonais arbitrent en faveur de la dette d’Etat française
La recherche d’un couple rendement-risque optimal conduit les investisseurs japonais à arbitrer en faveur des obligations d’Etat françaises et américaines. Selon les chiffres publiés par le ministère des finances nippon et la Banque du Japon, ils se sont délestés d’un montant de 1.050 milliards de yens (7,6 milliards d’euros) d’obligations souveraines allemandes sur le seul mois de mai.
Depuis le début de l’année, le montant des ventes de titres allemands par les investisseurs nippons atteint ainsi un montant record de 4.500 milliards de yens. Les taux allemands à moyen et long terme sont revenus à leurs plus faibles niveaux depuis juin 2013 sur l’ensemble de la courbe. Le rendement du Schatz à 2 ans est tombé à seulement 1,2 pb hier, celui du Bobl à 5 ans à 0,32% et celui du Bund à 10 ans à 1,24%.
Des arbitrages de portefeuilles qui ont profité aux obligations d’Etat françaises, avec des achats de 1.860 milliards de yens depuis le début de l’année, le montant le plus élevé depuis 2005. L’OAT à 10 ans offre un rendement supérieur de 44 pb à celui du Bund allemand, alors que le spread entre les deux taux était tombé à 35 pb il y a un mois. Un effet d’aubaine qui s’étale tout le long de la courbe puisque le 2 et le 5 ans français offrent également un rendement supérieur de 7,8 pb et 27 pb à celui des obligations allemandes de mêmes maturités. «Les investisseurs japonais sont à la recherche de rendement. S’ils estiment que la France et l’Allemagne portent le même risque, ils se tourneront vers les obligations françaises», explique Morgan Stanley.
Mais les emprunts d’Etat français ne sont pas les seuls à avoir bénéficié du retrait des investisseurs japonais de la dette allemande. Les Treasuries américains ont également attiré les actifs nippons à hauteur de 731,6 milliards de yens depuis le début de l’année. A 136 pb, l’écart de rendement entre les obligations d’Etat à 10 ans américaines et allemandes est à son plus haut niveau depuis la fin du mois de février 1999. Un spread qui est en hausse de 170 pb depuis le mois de novembre 2011, époque où le taux allemand dépassait de 33 pb le rendement américain.
L’écart concernant les perspectives de croissance, d’emploi et d’inflation entre la zone euro et les Etats-Unis débouchent sur des attentes de politiques monétaires divergentes qui devraient conduire à une poursuite de l’écartement des spreads, selon Aurel BGC.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Sur l'Iran, Donald Trump contourne le Congrès en affirmant que les hostilités sont « terminées »
Donald Trump a indiqué qu’il pouvait se passer du feu vert du Congrès pour la guerre en Iran. Normalement, au bout de soixante jours de conflit, l’exécutif américain doit obtenir une autorisation parlementaire -
Du pareil au mêmePrésidentielle : au meeting du 1er mai, Marine Le Pen et Jordan Bardella mettent en scène leur entente
Réunis pour leur dernier meeting avant la décision attendue de la cour d'appel de Paris le 7 juillet, les deux voix du RN ont mis à l'honneur les travailleurs, en veillant à gommer tout soupçon de divergences sur la ligne économique du parti -
L’Iran a transmis une nouvelle proposition de résolution du conflit aux Etats-Unis
La dernière offre de la République islamique d’Iran a été transmise jeudi soir au Pakistan, qui fait office de médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis