Les investisseurs financiers allègent leurs positions en or
Correction technique ou repli durable ? L’or a bouclé janvier 2011 sur une baisse de plus de 6% du prix de l’once, qui se traitait hier autour de 1.330 dollars. C’est le premier recul mensuel depuis juillet dernier. «L’attrait des investisseurs, à la fois à court terme et long terme, pour l’or et l’argent, commence à devenir négatif», relève la recherche métaux précieux de Barclays Capital.
Le changement d’humeur des investisseurs non commerciaux se reflète notamment à travers les stocks détenus par les fonds ETF (exchange traded funds). Acheteurs de 236 tonnes de métal jaune l’an dernier, ils en ont cédé plus de 60 tonnes sur le mois. A 2.033 tonnes selon le dernier relevé de Bloomberg, les ETF et ETP détiennent toujours des réserves d’or supérieures à celles des banques centrales. Pour BarCap, c’est le signe que la demande des intervenants financiers reste soutenue. A contrario, comme en janvier, «les investisseurs pourraient devenir une source d’offre supplémentaire» sur le marché, souligne la recherche économique de Natixis, qui évoque, elle, une bulle de l’or.
L’amélioration du sentiment économique courant janvier – avec des indicateurs plutôt meilleurs qu’attendu sur l’économie et les perspectives de résolution de la crise de la dette souveraine en zone euro – explique la récente désaffection pour le métal jaune, un actif qui n’offre pas de rendement. «En Europe, alors que le marché des CDS indique une amélioration sur le front de la dette souveraine, il apparaît clairement que certains investisseurs débouclent les couvertures mises en place en raison de leur aversion pour le risque», note Natixis.
Reste à savoir si la demande de l’Inde et de la Chine pourra compenser cette offre. En 2010, les investissements chinois et indiens ont fortement augmenté. Mais, rappelle Natixis, le métal jaune fait surtout office de valeur refuge pour ces pays lorsqu’une forte inflation s’accompagne d’une dépréciation de la devise locale. Or, si la première condition est réunie, les politiques suivies (hausse des taux…) devraient plutôt entraîner une appréciation des devises. «Il semble de plus en plus improbable que les rachats effectués par les Chinois et les Indiens compensent l’impact des désinvestissements des investisseurs occidentaux en 2011», conclut Natixis.
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