Les investisseurs attendent les détails du plan de rachat de dette grecque
Le compromis trouvé dans la nuit de lundi à mardi par l’Eurogroupe et le FMI pour tenter de ramener la dette d’Athènes à 124% du PIB d’ici 2020 prévoit un nouveau programme de rachat de dette grecque.
Les ministres européens des Finances ont en effet approuvé l’intention du gouvernement grec de procéder à un rachat partiel de ses obligations détenues par les investisseurs privés à un prix décoté. Ce «buy-back programme» qui devrait être lancé sur le marché secondaire le 12 décembre est destiné à réduire le stock de dette supporté par le pays. Il devrait offrir aux investisseurs privés qui souhaitent y participer un prix moyen de 35 centimes par euro de dette détenu mais les montants engagés et les modalités de financement restent encore à préciser.
Selon les termes de l’accord, la Grèce pourrait racheter une partie de sa dette en profitant du fait qu’elle est bon marché, à condition que le prix de rachat ne soit pas supérieur à celui de vendredi dernier, le 23 novembre. Peu de détails ont filtré sur cette opération par crainte que les prix de la dette grecque ne grimpent sur les marchés, du fait de spéculateurs.
«Moins nous en parlons, mieux cela vaut», a résumé la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. L’une des pistes envisagées prévoit que la Grèce emprunte environ 10 milliards d’euros au fonds de sauvetage de la zone euro, le MES (Mécanisme européen de stabilité), qui l’autoriserait à acheter l’équivalent de 30 milliards d’euros de dette, ce qui réduirait en net ses engagements actuels d’environ 20 milliards d’euros.
Le secteur privé détient encore 30% de la dette grecque. «Il s’agit en grande partie des banques grecques qui seront poussées à participer», anticipait hier un économiste. Les actions des banques locales ont d’ailleurs chuté à la Bourse d’Athènes. Dans le cadre de la précédente opération de rachat de dette à prix décoté (PSI), les créanciers privés avaient alors perdu près de 75 % de la valeur des anciens titres.
Ce programme avait permis de réduire le volume de la dette grecque de 110 milliards d’euros mais ce gain avait été quasi totalement effacé par le financement de 35,5 milliards d’euros d’obligations du FESF octroyés aux obligataires et par la recapitalisation pour 50 milliards d’euros des banques grecques, soulignent les analystes de Tullett Prebon.
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