Les investisseurs acceptent d’allonger la dette du Portugal

Comme l’Irlande en juillet, le Portugal a procédé avec succès à un échange d’obligations à échéance plus longue à échance 2015 au lieu de 2013
Krystèle Tachdjian

Le Portugal se met dans les pas de l’Irlande en procédant avec succès à des échanges d’obligations à échéance plus longue. Pour alléger le poids de ses remboursements, Lisbonne a levé hier sur le marché de la dette 3,76 milliards d’euros de titres à échéance 2015 dans le cadre d’un échange d’obligations.

Ces titres qui devaient arriver à échéance en septembre 2013 ont été troqués contre un montant équivalent d’obligations arrivant à maturité en octobre 2015 avec un taux plus élevé de 5,12%.

Grâce à cette opération, le montant des tombées de dette en 2013 passe de 9,6 milliards d’euros à 5,98 milliards.

Dans le cadre de cette transaction, les investisseurs ont accepté d’échanger près de 39% de la dette qui arrivait à échéance l’an prochain, soit un montant supérieur au taux de 30% qui avait été obtenu lors de l’échange de dette irlandaise au mois de juillet, explique Ricardo Santos, économiste chez BNP Paribas CIB.

«Le résultat a été satisfaisant car il montre qu’il y a un intérêt de la part des investisseurs, qui sont prêts à allonger leur exposition à la dette portugaise.Si nous envisageons cet échange comme un test sur les marchés, on peut dire que le Portugal l’a réussi», souligne de son côté Filipe Silva, stratégiste à la banque portugaise Carregosa. Cette opération constitue une première étape pour le Portugal vers un retour sur le marché de la dette à moyen et long terme, et ouvre une porte sur un accès au programme de rachats de dette de la Banque centrale européenne.

En attendant, le Portugal reste coupé des marchés avec des taux d’emprunt à 10 ans qui se montaient hier encore à plus de 8,5%. Afin de tenir les engagements budgétaires pris dans le cadre du plan d’aide européen de 78 milliards sollicité en 2011, le gouvernement a également annoncé hier de nouvelles hausses d’impôts. Le taux moyen d’imposition doit passer de 9,8% en 2012 à 13,2% en 2013.

Le gouvernement prévoit aussi d’instaurer une taxe sur les transactions financières l’an prochain. L’ensemble de ces mesures doit représenter 3% du PIB, et figurer dans le budget 2013 qui sera présenté au parlement le 15 octobre.

En septembre l’Union européenne, la BCE et le FMI ont accepté d’assouplir les objectifs budgétaires du Portugal. Le déficit public a été fixé à 5% du PIB pour 2012 contre 4,5% initialement, et à 4,5% en 2013 au lieu de 3%, ce qui suppose un surcroît d'émissions de 2,5 milliards d’euros l’an prochain.

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