Les intermédiaires confortent leur emprise sur la gestion d’actifs outre-Manche

Une étude de Deloitte met en lumière les menaces de «chocs sismiques» auxquels sont confrontés les gestionnaires traditionnels
Benoît Menou
Une étude Deloitte fait ressortir la concentration du marché britannique de la gestion d'actifs - Photo DR
Une étude Deloitte fait ressortir la concentration du marché britannique de la gestion d'actifs - Photo DR  - 

Un groupe restreint de 150 membres environ tiendrait entre ses mains rien de moins que le sort du marché britannique de la gestion d’actifs. Tel est l’enseignement majeur d’une étude menée par l’Economist Intelligence Unit pour le compte de Deloitte. En effet, dans la foulée de la mise en place l’an dernier du Retail distribution review, visant à davantage de transparence dans la rémunération du gestionnaire et du conseiller, au bénéfice de l’investisseur final, le cabinet de conseil relève que quelques dizaines d’acteurs concentrent une influence grandissante.

Cité dans l’étude, Phil Wagstaff, responsable de la distribution d’Henderson Global Investors, souligne que «90% des souscriptions dans les fonds ont été réalisées l’an passé au bénéfice de 10 véhicules». Pour Deloitte, 150 décisionnaires au sein de sociétés de conseil financier, de plates-formes d’investissement ou de gestionnaires de fortune «concentrent les entrées de capitaux vers une poignée de fonds». Le cabinet qualifie ces prestataires de services d’incontournables «garde-barrières». Les plates-formes notamment «perturbent la distribution traditionnelle», avec désormais environ 400 milliards de livres (500 milliards d’euros) d’actifs sous revue, dont plus du quart pour les deux principales, Cofunds, de Legal & General, et FundsNetwork, de Fidelity.

Parmi les gestionnaires d’actifs, seuls ceux capables d’afficher des performances élevées sur le long terme pourront sortir gagnants de cette évolution. Et la pression sur les commissions affecte l’ensemble des acteurs, en témoigne le succès grandissant des fonds indiciels si le gérant actif ne peut clairement démontrer sa valeur ajoutée. Ceux écartés de la sélection des grands intermédiaires voient tout simplement leur existence mise en danger sous le coup de ce «choc sismique» comparable à celui du choix du réseau géographique d’expertise.

Ce dernier thème pousse les gestionnaires au-delà de leur marché domestique, à l’image des acquisitions stratégiques annoncées tout récemment par Man Group ou Henderson aux Etats-Unis. Cette consolidation devrait selon KPMG aboutir à la disparition d’ici à 15 ans de la moitié des gestionnaires d’actifs dans le monde, en parallèle à l’émergence de nouveaux maîtres du jeu de la distribution portés par la puissance de leur marque, comme pourquoi pas les géants technologiques Apple ou Google ou de grands distributeurs généralistes.

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