Les intempéries font flamber encore un peu plus les matières agricoles

Alors que des inondations touchent l’Australie, les contrats sur le blé ont débuté l’année en hausse. La volatilité restera forte cette année
Violaine Le Gall
Champ de blé en Australie, photo: Bloomberg
Champ de blé en Australie, photo: Bloomberg  - 

Avec les inondations en Australie et les risques d’orages en Argentine, le marché des matières agricoles commence l’année de façon mouvementée. Au Chicago Board of Trade, les futures sur le blé ont atteint leur plus haut niveau depuis le mois d’août. Par ailleurs, les contrats à terme sur le jus d’orange ont affiché leur plus haut niveau depuis 2007 en raison de la vague de froid en Floride. Les futures sur le coton étaient également en hausse hier. Tous ces mouvements pourraient annoncer une nouvelle année de forte volatilité.

En 2010 déjà, les matières agricoles ont flambé. L’indice S&P Goldman Sachs sur les matières agricoles a ainsi gagné 34% tandis que l’indice S&P GSCI regroupant l’ensemble des commodities a progressé de 10% l’an dernier. Les matières agricoles sont le sous-secteur de l’indice qui a le plus augmenté au cours des douze derniers mois. La sécheresse au Kazakhstan et en Ukraine, les incendies en Russie, les inondations aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et au Pakistan et enfin les pluies en Colombie et au Brésil ont en effet endommagé les récoltes.

Cette année, les intempéries pourraient encore créer une certaine nervosité sur les marchés des matières agricoles. Structurellement, la tendance est à la hausse des prix. «Les stocks sont bas et les surfaces disponibles pour de nouvelles cultures sont limitées, ce qui empêche une augmentation significative de l’offre», observent les stratégistes du bureau d’études Creditsights. Parallèlement, la demande augmente régulièrement pour des raisons diverses, notamment la hausse de la consommation liée à l’occidentalisation des populations et l’utilisation de la production pour les biocarburants.

Enfin, la financiarisation des marchés de matières agricoles devrait avoir un impact sur les variations des cours. Les investisseurs financiers vont en effet continuer de s’intéresser à ce marché en raison de ses perspectives de croissance au niveau mondial, souligne Creditsights. Pour 2011, le bureau d’études n’attend pas une répétition des hausses de l’année passée. Toutefois, «des perturbations météorologiques, des mesures sur les marchés clés que sont la Chine et la Russie et l’activité des opérateurs financiers pourraient avoir un effet notable sur le marché», résume-t-il.

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