Les inquiétudes sur la dette américaine font craindre une remontée des taux
En pleine crise de la dette souveraine, les Etats-Unis jouent avec le feu. Et le ton monte du côté des instances internationales et des agences de notation. Hier, le président Barack Obama est resté ferme sur sa volonté de mettre un terme aux avantages fiscaux des plus aisés et de ne pas toucher aux programmes sociaux et aux investissements en éducation, recherche et infrastructures. Il s’agit là d’un des nœuds de tension empêchant tout compromis entre républicains et démocrates pour relever le plafond de la dette. Passée la date butoir du 2 août, le Trésor, qui a déjà atteint cette limite d’emprunt actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars, a prévenu qu’il ne serait plus en mesure de faire face à ses remboursements d’emprunts.
Pour le FMI, ce scénario du pire pourrait entraîner un abaissement de la note AAA de la dette souveraine américaine qui se traduirait par un «choc sévère» pour l'économie mondiale. A l’occasion de son rapport annuel sur la conjoncture économique aux Etats-Unis, l’institution a estimé que «le risque lointain d’un abaissement de la note de dette des Etats-Unis et d’un bond soudain des taux d’intérêt sur la dette de l’Etat fédéral plus généralement pourrait provoquer de nouvelles turbulences sur les marchés financiers mondiaux».
Et Moody’s de prévenir dans la foulée le Congrès ce matin que si les Etats-Unis ne parvenaient pas à relever le plafond de la dette d’ici le 2 août, l’agence abaisserait la note souveraine d’un cran à AA. Cette dégradation entrainerait de facto une dégradation de même ampleur de tous les organismes affiliés à l’Etat, tels que Fannie Mae and Freddie Mac. Les émissions de dette des collectivités locales et des Etats américains s’en trouveraient également affectées prévient Moody’s. Et John Chambers, directeur chez S&P, a indiqué à Reuters que les obligations arrivant à échéance le 4 août seraient dégradées à D si le Trésor n’honore pas leur échéance de remboursement.
En cause, la hausse du coût de financement de la dette. Alors que les investisseurs ont été rassurés sur la Grèce, le taux 10 ans s’est envolé hier à 3,12%. Et les dernières émissions du Trésor ont connu un succès très mitigé. Hier, le Trésor a vendu 29 milliards de dollars à 7 ans à un rendement de 2,43% contre 2,395% anticipé par le marché. Et les investisseurs indirects ont souscrit à hauteur de 32,2% contre 56% en moyenne selon CRT Capital.
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