Les infrastructures sont au centre du projet de croissance du G20
Alors que la crise ukrainienne dominait l’ordre du jour, les dirigeants du G20, réunis le week-end dernier à Brisbane, en Australie, sont trouvé un objectif commun: il faut relancer la croissance tout en combattant le changement climatique.
La déclaration finale du sommet a énuméré des pistes pour injecter 2.000 milliards de dollars dans l’économie mondiale et «créer des millions d’emplois» d’ici à 2018. «Cette année, nous avons fixé un objectif ambitieux d’accroître le PIB des pays membres du G20 d’au moins 2% supplémentaires. Selon le FMI et l’OCDE, nos engagements, s’ils sont intégralement remplis, génèreront 2,1%», indiquent les participants dans leur communiqué.
Le mois dernier, le FMI a réduit sa perspective de croissance pour 2015 à 3,8%, tandis que l’OCDE prévoit 3,7% l’année prochaine, puis 3,9% en 2016. La directrice générale du FMI Christine Lagarde a insisté samedi en conférence de presse pour que tous les outils soient utilisés afin d’éviter une nouvelle période de croissance faible: non seulement la politique monétaire, «mais aussi la politique fiscale, les réformes structurelles et, sous certaines conditions, les infrastructures».
Les membres du G20 ont en effet mis l’accent sur la relance de l’investissement et le développement des infrastructures. Dans le cadre de leur soutien à la Global Infrastructure Initiative (un programme pluriannuel d’amélioration de la qualité de l’investissement public et privé), ils ont élaboré «un champ de pratiques volontaires de premier plan pour promouvoir et accorder la priorité aux investissements de qualité, en particulier dans les infrastructures». L’un des volets consiste à rapprocher les projets des investisseurs privés, améliorant la transparence et la qualité de l’information sur les projets en préparation.
Il a été décidé de créer un centre névralgique, le «Global Infrastructure Hub», basé à Sydney et doté d’un mandat de 4 ans. L’idée est de favoriser la coopération et l’échange d’information entre tous les acteurs – gouvernements, secteur privé, banques de développement et organisations internationales – pour améliorer le fonctionnement et le financement du marché des infrastructures.
Dans un autre registre, le G20 entend faciliter les restructurations de dette d’Etat. Il appelle à renforcer les clauses d’action collective et pari pasu. Une initiative saluée par l’Argentine, qui a entamé une guerre de tranchées avec des fonds de dette après avoir fait défaut en juillet.
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