Les hôpitaux se disent victimes de la crise de liquidité des banques

La Fédération hospitalière de France demande au gouvernement de mobiliser un fonds exceptionnel pour résoudre les problèmes de trésorerie
Solenn Poullennec

Les hôpitaux aussi craignent la pénurie de crédit. La Fédération Hospitalière de France (FHF) a demandé hier au gouvernement d’agir pour éviter que les établissements de santé se retrouvent à sec. «On parle beaucoup d’emprunts toxiques mais le sujet le plus urgent c’est l’accès au financement qui s’est considérablement dégradé depuis le mois d’août», explique à L’Agefi Yves Gaubert, responsable du pôle finances à la FHF.

D’après lui, les banques répondent qu’elles sont victimes d’une crise de liquidité et souvent n’acceptent de renouveler les lignes de trésorerie qu’à la baisse. Les prêts sont accordés avec tout autant de parcimonie. Tous les hôpitaux sont touchés selon la fédération, y compris ceux qui ont une bonne situation financière.

«Dexia n’est plus en capacité, ce ne serait pas grave si les autres établissements pouvaient prendre le relais mais ce n’est pas le cas», poursuit Yves Gaubert.

Selon une étude publiée par le cabinet de conseil et de gestion Finance Active, BPCE a assuré 42% des nouveaux financements des établissements de santé en 2010 contre 15% chacun pour Dexia et le Crédit Agricole, et 12% pour le Crédit Mutuel.

La situation est d’autant plus préoccupante que le mois de novembre est coûteux pour les hôpitaux puisqu’ils font une avance de prime au personnel. Et ils s’apprêtent à faire de nouveaux investissements en 2012. Yves Gaubert estime leur montant global à 5 milliards d’euros pour 2012.

La fédération demande au ministère de réagir. Une des solutions, selon elle, serait de mobiliser un fonds exceptionnel, à l’image de ce qui a été fait pour les collectivités locales, avec la Caisse des dépôts et consignations. Elle demande aussi aux pouvoirs publics d’intervenir «auprès des autorités financières en charge de ce dossier pour faciliter l’accès des établissements à l’emprunt».

Au problème de pénurie de crédit s’ajoute celui des emprunts toxiques. Il concernerait 10% à 20% des encours selon la FHF. Elle recommande à ses adhérents d’assigner les banques qui leur ont fait ces prêts en invoquant, entre autres, l’absence de consentement éclairé lors de la signature ou l’opacité des contrats. Toujours selon Finance Active, c’est Dexia qui restait le premier créancier des établissements de santé en 2010 avec 34% du stock d’emprunt contre 24% pour BPCE.

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