Les Grecs devront choisir leur destin européen
La Grèce souhaite-t-elle rester membre de la zone euro ou non. (…) Telle est la question à laquelle le peuple grec doit répondre maintenant». Le message a été donné hier soir par la chancelière allemande à la Grèce lors d’une conférence de presse commune avec le président français à Cannes, à la veille du sommet du G20. Et Nicolas Sarkozy de renchérir que tant que cette question ne serait pas tranchée lors du référendum qui a été fixé par George Papandréou au 4 décembre prochain, la Grèce ne touchera plus aucune aide internationale.
Le couple franco-allemand a décidé d’accélérer la mise en place des décisions adoptées la semaine passée à Bruxelles concernant la puissance de feu de l’EFSF. Angela Merkel a souligné qu’il s’agissait «d'ériger un pare-feu autour de l’euro» et précisé que l’Eurogroupe se réunirait lundi. Une position soutenue par la Chine qui en fait une condition à sa participation. «Le plan actuel montre la détermination de l’UE pour résoudre le problème de la dette européenne» a indiqué Hu Jintao.
Au pied du mur, le premier ministre grec tente un coup de poker. Il espère qu’un vote positif permettra au gouvernement de faire passer de nouvelles cures d’austérité drastiques sans provoquer une révolte populaire. George Papandréou avait arraché au forceps l’adoption par le Parlement des dernières mesures budgétaires, mais avait prévenu que ce seraient les dernières étant donné l’exaspération de la population et de la classe politique.
Première étape pour rétablir sa légitimité, un vote de confiance serré demain avec une majorité de seulement 2 sièges sur 300. Un vote de défiance entrainerait la formation d’un nouveau gouvernement et l’abandon du référendum. Dans le cas contraire, le peuple serait appelé aux urnes. Or, selon un sondage, si 60% des grecs sont contre le nouveau plan d’aide, 70% refusent une sortie de la zone euro. Et George Papandréou d’estimer «que le peuple grec veut que la Grèce reste dans la zone euro. Je veux dire que nous aurons un ‘oui’».
Natixis estime que si la Grèce décidait de sortir de la zone euro, cela «impliquerait une forte dévaluation de la « nouvelle drachme » contre Euro» de l’ordre de 55%. Elle pourrait néanmoins entrainer un effet de contagion à l’Espagne et l’Italie. «Si la sortie de la zone euro est perçue par les investisseurs comme devenant la méthode normale de règlement des crises en zone euro, la crise va devenir incontrôlable».
Quoi qu’il en soit, la tenue du référendum le 4 décembre prochain repousserait d’autant la mise en place du nouveau PSI et « maintiendrait l’aversion au risque, donc les risques de contagion, la pression sur les dettes fragilisées, sur des niveaux élevés» note Natixis.
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a échoué hier soir à trouver un compromis au sein de son gouvernement. La dirigeante de l’organisation patronale CGIL, Susanna Camusso, a estimé que l’Italie se présentait au G20 «sans leader crédible et sans les décisions qui ont été promises, mais pas adoptées».
Dans ce contexte, les investisseurs attendent un geste fort du nouveau président de la BCE dès aujourd’hui. 49 des 55 économistes interrogés par Bloomberg anticipent néanmoins un statu quo sur les taux directeurs. L’euro est descendu à 1,3670 dans les premiers échanges asiatiques, contre 1,3748 hier soir à New York.
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