Les grands fonds souverains mondiaux font évoluer leur gouvernance
Devenus des investisseurs de tout premier ordre, avec quelque 5.000 milliards de dollars d’actifs fin 2012, les fonds souverains doivent désormais composer avec la lumière des projecteurs. En témoigne l’intérêt suscité par une refonte de la gouvernance, ou des réflexions en cours, au sein de trois poids lourds : les fonds qatari, chinois et norvégien.
Une semaine après l’accession au trône du Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, la Qatar Investment Authority (QIA) connaît de profonds bouleversements. L’ancien Premier ministre Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani a été écarté de la direction générale de ce fonds doté de 100 milliards de dollars. Un décret royal publié par l’agence officielle QNA a entériné son remplacement par Ahmed al-Sayed, jusqu’alors en charge de Qatar Holding, un véhicule d’investissement créé en 2006 par QIA. Le conseil d’administration de QIA accueillera en outre quatre nouveaux membres, dont le ministre des Finances et celui de l’Economie et du Commerce.
En Chine, les commentaires sur l'évolution de la gouvernance de China Investment Corporation (CIC) vont également bon train. Le Wall Street Journal rapportait il y a quelques jours que le vice-secrétaire général du Conseil des affaires de l’Etat, Ding Xuedong, tiendrait la corde pour succéder à Lou Jiwei, nommé ministre des Finances en mars.
Depuis cette nomination, le fonds, qui pèse plus de 480 milliards de dollars n’a plus de président. Selon le Financial Times, le maire adjoint de Shanghaï et le vice-gouverneur de la Banque de Chine ont décliné le poste, de crainte d'être blamés pour des investissements qui pourraient se révéler peu fructueux.
Enfin, le puissant fonds norvégien (720 milliards de dollars), qui tire sa manne du pétrole, se retrouve au coeur d’un débat sur sa structure et sa gestion. La montée en force du centre-droit dans les sondages favorise cette réflexion qui s’articule notamment autour d’une éventuelle scission du fonds en deux entités. Une décision prise par son voisin suédois en 2001.
Face à la coalition de gauche au pouvoir, les conservateurs norvégiens se disent également ouverts à l’idée de permettre au fonds d’investir dans des projets d’infrastructures. Le fonds est pour l’instant cantonné aux investissements dans les actions, les obligations et l’immobilier.
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