Les grandes banques ont réduit de 17 % leur exposition à la dette italienne
Près de 24 milliards d’euros. Quinze grandes banques européennes ont réduit de ce montant leur exposition à la dette souveraine italienne entre fin juin et fin septembre (fin octobre pour BNP Paribas et KBC), selon un pointage de L’Agefi. Ce résultat donne un aperçu des pressions vendeuses qui s’exercent sur les emprunts d’Etat italiens. Des pressions que la BCE rechigne à compenser: la banque centrale a ralenti de 9,5 à 4,5 milliards d’euros son rythme de rachat d’obligations périphériques la semaine dernière.
Sur l’échantillon étudié, la baisse représente 17% des 142 milliards d’euros d’exposition à la dette italienne à fin juin. Ce recul ne correspond pas en totalité à des ventes de titres. Certains emprunts ont pu arriver à échéance dans l’intervalle. Les expositions nettes comprennent aussi le risque pris à travers des dérivés comme les CDS. Si Deutsche Bank semble défier la logique en ayant accru à 2,2 milliards son exposition à l’Italie, ce risque est intégralement constitué de CDS.
Le gros de la baisse provient néanmoins de cessions, qui ont continué en octobre. En témoigne KBC, l’un des plus gros vendeurs avec RBS en proportion de son exposition. La banque flamande, qui détenait 6,1 milliards de dette italienne à fin juin, en a vendu près des deux tiers, dont 1,6 milliard le mois dernier.
«Les banques font exactement ce qu’elles ont à faire: elle réduisent leur risque souverain, ce que l’on voit clairement avec la vente des titres italiens. Elles doivent continuer sur cette voie, elles s’éloignent de l’épicentre», indiquait hier à Bloomberg Christian Clausen, patron de Nordea et président de la Fédération bancaire européenne.
L’Espagne (-5,6 milliards, soit 27% de l’exposition), la France et même l’Allemagne n’échappent pas au phénomène. Mais les chiffres sont parfois à prendre avec des pincettes: si l’exposition de BPCE à la dette française est passée de 44 à 37,4 milliards en trois mois, elle le doit à un changement de méthode qui exclut les dépôts à la Banque de France, et non à des cessions de titres, indique le groupe.
Face aux quelque 1.900 milliards de dette publique italienne, 24 milliards d’exposition en moins peuvent paraître modestes. Mais les assureurs aussi diminuent le risque: Allianz, seul à détailler ces données, a réduit de 4,7 milliards son portefeuille italien. Et la disparition des acheteurs se répercute sur la demande de titres lors des adjudications.
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