Les gestions s’intéressent au marché naissant des CoCos
Les CoCos suscitent les vocations. Pimco s’apprête à lancer un fonds dédié aux contingent convertible bonds, ces obligations bancaires qui se convertissent automatiquement en actions dès lors que la solvabilité de l’émetteur passe sous un seuil défini à l’avance. Le véhicule devrait aussi investir dans des dettes subordonnées tier one et tier two. Le gérant de fortune Fleming Family & Partners a consenti la mise de départ, qui s’élèverait à plusieurs dizaines de millions de livres selon Reuters.
Les deux maisons américaine et britannique ne sont pas les seules à se positionner pour tirer profit de ce qui est appelé à devenir un nouveau compartiment de la dette bancaire. Swisscanto AM, la société de gestion des banques cantonales suisses, prépare aussi un fonds destiné à acheter des CoCos. «A partir de maintenant, les banques vont ressembler davantage à des utilities, et seront très régulées, explique Mirko Santucci, patron de la gestion crédit de la société, cité par Bloomberg. J’ai du mal à croire que dans cinq ans, les actions des banques auront progressé de 40% ou 50%. Les CoCos versent des coupons de 7%, 8% ou 9%: multipliez ça par cinq ans et vous voyez leur attrait».
Credit Suisse est pour l’heure la seule banque à avoir émis publiquement des vraies CoCos – les émissions de Lloyds fin 2009 et de Rabobank en 2010 ne rentrant pas vraiment dans ce cadre. La banque suisse a placé en février 2 milliards de dollars de titres avec un coupon de 7,875%. Elle suit ainsi la voie tracée par le régulateur suisse, qui a décidé l’an dernier de créer deux catégories de CoCos pouvant représenter, au total, 9 points de solvabilité. La Suède se montre également intéressée par le dispositif. La manière dont ces instruments pourraient être comptés en capital réglementaire, notamment par les institutions jugées d’importance systémiques, fait aujourd’hui l’objet de travaux du Comité de Bâle.
Le lancement de ces fonds constitue une prise de position dans le débat sur les CoCos. Ces dernières divisent les investisseurs et les banques. UBS considère que la perspective de conversion engendrerait une énorme pression vendeuse sur les actions de l’émetteur, créant une spirale négative. Mais les perspectives d’émissions font aussi saliver les banques d’investissement. BarCap estime à 500 milliards d’euros les volumes de CoCos qui pourraient être placés d’ici à 2018.
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