Les gestionnaires d’actifs français résistent à la vague de consolidation
A force d’attendre le big bang, les fusions-acquisitions dans la gestion française passeraient presque inaperçues. En 2012, 13 sociétés de gestion ont tout de même été vendues ou rachetées par des groupes français, recense Deloitte. Le cabinet d’audit pointe particulièrement «la multiplicité des opérations de rapprochement pour les structures dont les encours sont inférieurs à 3 milliards d’euros».
Prises en étau entre la décollecte persistante du marché français et la hausse des coûts réglementaires, certaines boutiques de gestion collective ou privée finissent par renoncer à leur indépendance. Les fonds de fonds et la gestion alternative sont en première ligne, comme l’illustre le rachat d’Heritage AM et HDF Finance par Rothschild & Cie Gestion. «Avec La Française AM, c’est un animateur assez présent», note Sébastien Manelfe, associé au sein de l’équipe transactions financières de Deloitte. Il constate aussi le retour des fonds de capital-investissement internationaux «car les acteurs européens boudent un peu le marché».
Le private equity s’arroge les deux plus grosses opérations de 2012 : l’américain Carlyle a mis la main sur TCW, filiale américaine de la Société Générale, et l’asiatique GCS sur Dexia AM, dont la cession n’est pas encore signée.
Ces deux transactions illustrent la réduction de voilure des banques européennes, en prévision de Bâle 3. Mais toutes les discussions n’aboutissent pas. Deutsche Bank et UniCredit ont ainsi renoncé à vendre leur gestion d’actifs. «Si une vente signifie moins d’actifs pondérés du risque, elle peut aussi entraîner des pertes, donc peser sur les fonds propres», indique l’associé de Deloitte. Côté acheteurs, «il y a une incertitude sur la qualité des actifs et sur le partage futur des profits», conditionné à des accords de distribution des fonds dans le réseau du vendeur.
Les valorisations s’en ressentent: les écarts sont élevés, de «0,52% des actifs» pour Dexia AM à 3% pour les pépites, et les compléments de prix, de plus en plus fréquents, peuvent atteindre «50 à 80%» du total. «La priorité va à la croissance organique, moins chère et perçue comme moins risquée à brève échéance», estime Stéphane Manelfe. Pour relancer les transactions, il mise plutôt sur les introductions en Bourse, un destin promis à Amundi au moment de sa création par le Crédit Agricole et la Société Générale.
{"title":"","image":"79739»,"legend":"Les fusions-acquisitions restent rares dans la gestion fran\u00e7aise.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
Concrètement, les entreprises concernées sortaient déjà de ses solutions d’investissement en raison de controverses ESG majeures. La fondation suisse fustige les comportements de certains pétroliers, notamment TotalEnergies, Exxon Mobil ou BP. -
Les ingrédients naturels, terrain de chasse à tous les étages du capital investissement
Portée par la réglementation, l’urgence environnementale et l'exigence croissante de transparence des consommateurs, la demande d’ingrédients naturels attire les gérants, depuis le venture jusqu’au buyout. -
Airbus signe un partenariat avec la start-up française de défense Alta Ares
Le groupe aéronautique a annoncé, jeudi 11 juin, la signature d’un accord non contraignant avec à la start-up française spécialisée dans la lutte contre les drones, qui vient de lever 50 millions d’euros. -
Praemia REIM France nomme une directrice commerce, résidentiel et hôtellerie
Quelques semaines après avoir accueilli un nouveau directeur général et un nouveau directeur financier, la société de gestion poursuit sa réorganisation avec cette nomination au pôle immobilier. -
Hugo Boss bondit en Bourse après une offre de Frasers
Alors qu'il est confronté à une baisse de ses ventes depuis plusieurs années, le groupe de mode allemand a indiqué qu'il étudierait l'offre publique d'achat formulée par l'empire de la distribution contrôlé par le milliardaire Mike Ashley. -
Les systèmes de paiement traditionnels immobiliseraient des milliards de dollars
Près de 330 milliards de dollars de fonds de roulement pour les entreprises sont perdus dans le système financier mondial selon une étude de la plateforme financière Airwallex.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Le cercle des initiésLa finance italienne se met au football total
L'OPA d’Intesa Sanpaolo sur Monte dei Paschi met en ébullition le secteur bancaire italien, et au-delà. A Wall Street, si l'arrivée de SpaceX s'annonce triomphale, les lendemains pourraient déchanter. -
Tribune libreQuand les vieux démons du centralisme refont surface
« Nous disons à tous les technocrates qui pensent savoir mieux gérer une collectivité que ceux qui ont été élus au suffrage universel direct pour le faire (...) : le pays n’a plus de temps à perdre avec ces méthodes révolues » -
Global BritainLes frères ennemis d’easyJet
Le feuilleton sur une possible reprise du transporteur à bas coût britannique passionne la City et Wall Street