Les gérants font face à des coûts élevés dans leur distribution transfrontière
En dépit de la directive OPCVM, qui contribue à générer des économies d’échelle au sein du secteur de la gestion d’actifs, les coûts demeurent élevés dans la distribution des fonds au-delà des frontières françaises. Sur dix ans, «si les coûts de souscription et de rachat ont été divisés par deux en moyenne pour les fonds domestiques, cette réduction n’a été que d’environ 30% pour les fonds cross border», malgré les processus d’automatisation mis en place, souligne Pierre Monteillard, associé au sein de la société de conseil Ailancy.
Par ailleurs, «si les prix des services standards ont baissé, les sociétés de gestion voient émerger une offre de nouveaux services, à l’image du marquage des ordres ou des attestations», poursuit le professionnel, qui intervenait hier lors d’une table ronde organisée par l’Association française des professionnels des titres (Afti). «On raisonne beaucoup par rapport aux flux, mais les stocks peuvent coûter cher», ajoute-t-il.
Les intervenants s’accordent sur le fait que d’importantes évolutions ont été réalisées dans la commercialisation des fonds à l’international, notamment en termes de rationalisation et d’harmonisation des gammes de produits. Mais de nombreux freins demeurent: outre la barrière de la langue, «qui commence à se réduire», «le paiement d’un investisseur étranger dans sa devise locale pose problème. Il faut réaliser des avancées sur ce sujet», relève Philippe Barrau, chez Axa Investment Managers.
«Le schéma français a fortement progressé. Les professionnels arrivent désormais à bien marquer les ordres», estime Marie-Laure Faller, directrice générale de la plate-forme de distribution Axeltis.
Toutefois, concernant les attestations des dépositaires, qui permettent de connaître les parts détenues par les distributeurs dans un fonds et qui sont utilisées pour paiement des commissions, «il y a une standardisation à faire», poursuit-elle.
Plusieurs sujets sont «à l’arrêt, à l’image de la clarification du statut du distributeur, qui est une catastrophe en France et en Europe», souligne Pierre Monteillard. Cette clarification du rôle et des responsabilités du distributeur faisait déjà partie des vingt recommandations publiées par l’AFG (Association française de la gestion financière) et l’Afti fin 2004.
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