Les gérants du Panel Crédits se montrent un peu plus prudents
Le rythme des émissions obligataires des «corporates» est resté soutenu au mois de mai dans le sillage du fort redémarrage observé en avril. Cette reprise sur le front des transactions était intervenue après une pause en février. Dans un environnement de taux bas, la majorité des panélistes conservent une vue positive sur les obligations d’entreprises. Mais ils sont de plus en plus nombreux à afficher une position neutre alors que l’idée de la fin du rally obligataire fait son chemin depuis plusieurs semaines.
Alors qu’ils étaient près de 70% à surpondérer la classe d’actifs lors des dernières prévisions du Panel Agefi du mois de mai, ils ne sont désormais plus que 55% à aller dans ce sens dans leurs anticipations pour juin. En fait, ils sont à présent 35% à revendiquer une position neutre sur le crédit contre 20% lors de notre dernière enquête. Signe de ce regain de prudence, les gérants de Swiss Life AM sont passés de surpondérer à neutre. CCR AM est le seul à prendre de la distance avec la dette d’entreprise en la sous-pondérant.
Le début d’année avait démarré en trombe grâce à l’afflux de liquidités des investisseurs qui avaient pour certains manqué le rally de l’année dernière. La baisse généralisée des taux de rendement des actifs réputés les plus sûrs, comme les emprunts souverains et les obligations corporates notées investment grade ont poussé les investisseurs à se ruer sur la dette high yield jugée plus rémunératrice. Les signes de normalisation sur le marché de la dette souveraine illustrés par les succès des émissions de dettes espagnoles, italiennes ou portugaises continuent de profiter aux émetteurs de ces mêmes pays. L’espagnol Repsol est ainsi parvenu à émettre en mai une obligation à 7 ans au taux le plus bas pour une entreprise ibérique depuis plus de 10 ans.
«La politique monétaire ultra-accommodante des banques centrales, qui a orchestré ce mouvement de détente des taux «sans risque», sera maintenue dans les prochains mois. Cet environnement monétaire, conjugué à l’amélioration des fondamentaux de crédit des entreprises, visible dans les récentes publications trimestrielles, va favoriser de nouvelles émissions obligataires», jugeait récemment Marc Olivier, directeur général France de Nordea Investment Funds dans nos colonnes.
A ce stade, l’engouement des investisseurs pour la dette à haut rendement reste intact mais il pourrait finir par se tarir. Certes, la classe d’actifs recèle encore du potentiel mais les primes de risque ont tendance à devenir moins attrayantes. Les analystes et les opérateurs de marchés sont ainsi de plus en plus nombreux à s’attendre à une correction sur les marchés obligataires d’entreprise notamment sur le high yield.
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http://www.agefi.fr/panels/panels-interactifs.aspx
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