Les gérants du Panel Crédit maintiennent leur confiance

Malgré un mois chahuté et moins actif sur le marché primaire, l’investment grade corporate a encore signé une performance positive en octobre.
Alexandre Garabedian

Dans un monde à taux zéro, le crédit reste la classe d’actifs privilégiée des investisseurs. Après la correction intervenue en septembre et la première quinzaine d’octobre, les gérants du Panel ont même légèrement accru leurs attentes. Tout en restant largement surpondérés sur la classe d’actifs, ils adoptent désormais une vision positive sur l’évolution des spreads pour ce mois, alors que les tenants de la neutralité dominaient en octobre. Axa IM, Lazard Frères Gestion et Swiss Life Asset Managers ont ainsi passé leur perspective de «neutre» à «positive», tandis qu’aucun gérant n’a effectué le chemin inverse. Sur les 19 maisons ayant répondu au Panel Crédit en septembre, elles ne sont plus que huit à tabler aujourd’hui sur une stabilité des spreads.

Ce regain d’optimisme se traduit aussi par la baisse continue de la part de cash dans les portefeuilles. Celle-ci revient à 2,97% en novembre, contre 3,19% en octobre et 3,73% en septembre. Axa IM, Candriam ou encore La Banque Postale AM ont fait ce choix plus offensif, tandis que M&G, passé de 0% à 2%, et Schroders, se sont montrés un peu plus prudents. La tendance à l’allongement de la duration moyenne des portefeuilles de crédit, que l’on observe depuis plusieurs mois, se poursuit également, à 4,47 ans.

Malgré un mois d’octobre chahuté, le crédit investment grade a fini sur une note légèrement positive. Sur le marché du cash, l’indice Markit iBoxx Corporate termine à un spread de 107 points de base, à 5 pb seulement du plus bas de l’année. Grâce à l’effet baisse des taux, «le rendement total a continué à augmenter, de 0,34 point en octobre pour l’investment grade, ce qui porte le total à 7,1% depuis le début de l’année», notent les stratégistes crédit de la Société Générale. La classe d’actifs a ainsi démontré sa résistance par rapport aux marchés d’actions européens, qui n’ont pas, à la différence du S&P 500, refait tout le chemin perdu mi-octobre.

Le compartiment du haut rendement, lui, a davantage souffert, notamment les obligations notées CCC et en dessous. L’iBoxx HY, qui avait touché un point bas de 320 points de base avant l'été, traitait le 31 octobre aux alentours de 427 pb. Mais le violent mouvement de vente qui l’avait poussé non loin des 480 pb mi-octobre s’est en partie estompé. Et après huit semaines consécutives de retraits nets, les flux retail vers le haut rendement européen sont redevenus positifs sur la semaine arrêtée au 29 octobre, à hauteur de 1,5 milliard de dollars, soulignait vendredi Bank of America Merrill Lynch à partir des statistiques d’EPFR.

Les gérants ont en revanche eu peu de papiers nouveaux à se mettre sous la dent en octobre. Même si le mois est moins actif en raison de la saison des résultats, les nouvelles émissions n’ont atteint que 26,5 milliards d’euros, dont seulement 2,57 milliards sur le high yield, contre plus de 35 milliards l’an dernier, et 41 milliards de tombées attendues.

{"title":"","image":"81609»,"legend":"Panel Mensuel Cr\u00e9dits»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...