Les gérants de plus en plus prudents face au risque
Prudents les gérants en cette période troublée ? C’est peu de chose de le dire. Dans son étude de mars, menée auprès de 161 professionnels, Merrill Lynch avance que 41 % d’entre eux en net affirment prendre moins de risques qu’à la normale (ils étaient 40 % en février). Un chiffre qui apparaît d’autant plus marquant que l’étude a été menée du 7 au 13 mars, soit avant le sauvetage express de Bear Stearns le week-end dernier.
Concrètement, cette forte aversion pour le risque se retrouve dans les niveaux de cash détenus en portefeuille. En moyenne, les liquidités pèsent 4,9 % des fonds, soit un point de plus qu’il y a deux mois. Parallèlement, alors qu’ils n’étaient encore que 31 % dans ce cas en janvier, les gérants sont désormais 43 % à indiquer être surpondérés en cash. «Un niveau qui dépasse celui observé dans la foulée des attaques du 11 septembre 2001», précise Merrill Lynch qui ajoute constater «une combinaison sans précédent entre les hauts niveaux de cash et le faible appétit pour le risque».
Naturellement, c’est vis-à-vis des actions que les gestions affichent principalement leur défiance. Elles sont sous-pondérées dans 23 % des cas (en net). Une proportion qui a triplé en un mois et n’avait plus été constatée depuis cinq ans.
Faut-il en conclure que l’on a atteint un point d’inflexion ? Merrill Lynch note en tout cas que 25 % du panel juge les marchés d’actions sous-valorisés (soit deux fois plus qu’il y a trois mois). «Cette combinaison de chiffres ne garantit pas un rally», avertit le rapport. Mais poursuit-il, cette conjonction d’éléments a été par le passé le préalable à un retournement. Seul souci, «il manque un catalyseur, concède David Bowers consultant pour Merrill Lynch. Avec les craintes croissantes tant sur une récession que sur l’inflation, il est difficile d’identifier quel peut être ce catalyseur et quand il apparaîtra».
Au centre des préoccupations depuis plusieurs mois, le secteur financier est en tout cas la parfaite illustration de l’incertitude qui règne chez les gérants. Les banques sont les valeurs les plus sous-évaluées par le marché aux yeux des gérants (ils sont même deux fois plus nombreux qu’en février à le penser). Pourtant, le secteur bancaire reste de loin le plus sous-pondéré dans les portefeuilles.
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